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Archive for novembre 2010

Démagogie et économies

*Coup de gueule*Est ce vous connaissez Norman Tebbit ? C’est l’ancien ministre à l’emploi de Margaret Thatcher, qui devint fameux notamment pour sa célèbre phrase, parlant des chômeurs "monte sur ton vélo et cherche du travail" (en fait il parlait de son père qui a cherché du travail ainsi, mais tout le monde le compris comme ça).

Norman Tebbit déclara en juillet 1992 à des journalistes: "Si vous pensez que je suis de la droite dure, vous devriez rencontrer ce gars là bas" en pointant Iain Duncan Smith (appelé IDS – son successeur et protégé ). Et bien ce dernier n’a pas voulut le faire mentir puisque depuis qu’il est ministre du travail dans le nouveau gouvernement britannique il s’échine à supprimer réformer les aides sociales, et a ainsi déclaré, en écho à son mentor, que les chômeurs devaient monter dans le bus et chercher du travail ailleurs s’ils n’en trouvaient pas près de chez eux.

J’ai déjà pointé du doigt une réforme prévue par le nouveau gouvernement qui cherche à économiser… 100 milliards d’euros d’ici 2015: la suppression des allocations familiales (child benefits) pour les familles de la dernière tranche des impôts. Vu qu’il n’y en a que 3 en Grande Bretagne, cela veut dire pour près de 20%. Évidemment lors de leur communication les Conservateurs ont pris l’exemple de multi-millionnaires qui n’ont que faire de 100 euros/mois.

Lors de la révision du budget présentée en octobre, le gouvernement a prévu de virer mettre au chômage près de 500,000 personnes dans l’administration.  Et devinez quoi ? Il y aura donc des mesures d’accompagnement dont se charge IDS:

  • donc les chômeurs doivent monter dans un bus et trouver du travaille ailleurs s’ils n’en ont pas en bas de chez eux, ces fainéants !
  • et pour les pousser à se bouger le cul, on leur supprimera les allocations chômage et logement (comme ça, sans logement, il sera plus facile pour eux de se déplacer certainement)pendant 3 mois lorsqu’ils refusent un poste du pôle emploi local. S’ils refusent 2 postes, hop, suppression pendant 6 mois. S’ils refusent 3 fois, plus rien pendant 3 ans. Cela devrait motiver ces bandes de fainéants. [1]
  • et ceux qui restent plus de deux ans au chômage devront faire des travaux d’intérêt général (si si, comme les prisonniers !)
  • et 20% de ceux qui étaient classés comme invalides (qui reçoivent ~400 euros/mois) seront mis dans la catégorie chômeurs (~ 330 euros/mois quelque soit votre salaire d’avant !)

Et IDS de déclarer qu’il y a actuellement 500,000 offres d’emploi immédiatement disponibles dans le pays qui ne trouvent pas preneur. A comparer probablement avec les 500,000 membres de l’administration qui devraient prochainement rejoindre les rangs des chomeurs. Les voilà donc prévenus !

En bon français cela me rappelle brutalement quelqu’un qui disait il y a 20 ans que le chômage en France – 3 millions – serait résolu si on virait les 3 millions d’immigrés.

Hmmm des slogans qui fleurent bon la démagogie et l’extrémisme. Vive le Royaume Uni !

[1] On lira la très bonne analyse du correspondant de la BBC qui a demandé en avril – afin de savoir le montant des économies réalisées – combien de chômeurs refusaient trois boulots offerts. Réponse: aucun.Et après 2 boulots refusés ? euh, 69 l’an passé selon le Ministère. En fait la mesure ne devrait pas rapporter plus de £100,000.

 

 

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*Coup de gueule*Le mensonge, l’omission, le retournement de veste (qui se dit élégamment U-turn
en anglais) est certainement parfaitement et également réparti au sein
de l’ensemble de la classe politique. Le dernier exemple nous vient des
Libéraux Démocrates (pourtant crédité du parti le plus honnête dans les
précédents sondages): alors qu’ils nous ont expliqué que les Tuition
Fees (frais universitaires) augmentés par Tony Blair devaient être
supprimés, voila qu’une fois au pouvoir leur leader accepte sans
broncher leur augmentation de …5%? 10%… non: 200% !

Bref, les
frais universitaires qui pouvaient atteindre £1000/an avant 2007, et
qui ont été portés a £3000/an par le gouvernement Blair, seront de
£9000/an dans quelques années grâce au soutien des LibDems. Bien joué
les gars !

Un petit retour il y a 4 ans. En 2006 j’écrivais:

"Ainsi sur la réforme des top-up/tuition fees
qui réformait les droits d’inscription universitaires en Angleterre en
les portant à £3000 par an (et oui, vu de France on croit rêver), certains membres de son parti ont refusé de voter sa loi au parlement, car elle contrevenait à la promesse de ne pas toucher aux droits universitaires (écrite noir sur blanc dans le manifeste du parti pour les élections de 2001) : "
We will not introduce ‘top-up’ fees and have legislated to prevent them." En fait selon lui il fallait lire : "We will not introduce ‘top-up’ fees and have legislated to prevent them [for the duration of the next parliament 2001-05 only]". Le passage en gras n’était pas indiqué, mais comme Tony Blair y
avait pensé très fort, c’était tout comme.
"

Il doit y avoir une malédiction propre aux Tuition Fees. Un sort qui oblige tous les partis à mentir et retourner leur veste.

Il
était une fois (en avril 2010, pendant la campagne pour l’élection des
députés britanniques) un royaume (uni) ou un parti (les Libéraux
Democrates) avaient promis qu’ils voteraient contre toute augmentation
des frais universitaires (Tuition Fees). La preuve en image avec:

Leur chef, Nick Clegg, actuellement Vice-Prime Minister

Nick Clegg tuition fees pledge

Danny Alexander, actuellement Ministre du budget

Danny Alexander tuition fees pledge

Mais
après les élections, certains des membres de ce parti se sont retrouvé
au gouvernement (dont les deux ci dessus) et devinez ce qu’il advint ?
Début novembre 2010 la coalition Tories-Libdems au gouvernement annonce que les frais universitaires pourront être portés à £9000/an
à partir de 2012 (l’expérience précédente montre que bien que les £3000
était un plafond, tout le monde s’est aligné sur ce plafond). C’est
aussi une façon pour l’Etat de réduire de façon drastique ses
subventions aux universités et ainsi participer à la centaine de
milliards d’économies que le gouvernement entend réaliser… mais cela
est moins connu: c’est une privatisation de l’enseignement supérieur
.

Ok, pour être honnête j’ai trouvé des éléments dans le Guardian dans un article de septembre 2009 qui montrait déjà les doutes de Nick Clegg sur la possibilité de supprimer les frais ("la seule question est de savoir quand nous pourrons les supprimer"). Mais il était bien hors de question de les augmenter.

Bon à la fin, l’excuse de Nick Clegg est : "[Oups] j’aurais dû être plus prudent quand j’ai
signé la promesse pré-électorale
" et "cela ne prenait pas en compte les difficulté financières que nous avons découvert au pouvoir"
.

Sauf que le weekend dernier, les journaux anglais ont ainsi révélé que la promesse réitérée de nombreuses fois de supprimer ces frais et de trouver une alternative était en fait secrètement abandonnée deux mois avant l’élection. C’est un document datant de mars 2010, écrit par Danny Alexander (celui-là même qui signe la promesse au dessus) qui disait:

"Sur les frais de scolarité, nous devrions
parvenir à un accord sur les étudiants à temps partiel et abandonner le
reste.
Nous sommes clairement avec une ligne jeune par rapport aux autres partis sur le relèvement du plafond des frais
de scolarité, alors ne nous laissons pas entraîner dans plus de problèmes
nous-mêmes
[en voulant les supprimer]".

Comme quand il n’y a pas qu’en France ou les politiques aiment enchaîner mensonge après mensonge.

 

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*Coup de gueule*Christian Estrosi, ministre de l’Industrie répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mi-octobre et déclarait:

"Le 7 octobre dernier, "la stupéfaction", c’était son mot de
Jean-Louis Borloo, par exemple, le ministre de tutelle des Transports en
France : la société Eurostar, détenue à 55% par la SNCF, a préféré
commander dix trains à grande vitesse à l’Allemand Siemens plutôt qu’au
Français Alstom. Ceci a été vécu comme une claque pour l’industrie
française. Est ce définitif, Christian Estrosi ?

Je le
dis très clairement dans cette affaire, rien n’est joué. Rien n’est
joué, et l’affaire n’est pas terminée. Pourquoi, parce qu’il se trouve
que le cahier des charges de l’appel d’offre, n’a pas pris en compte
toutes les exigences en matière de sécurité. Notamment la circulation
sur le territoire français des règles très précises qui existent dans le
cahier des charges ou dans la réglementation, pardon, de la circulation
de l’Eurostar, et ensuite aller dans le tunnel sous la Manche. A partir
de là, le gouvernement français est fondé à faire remarquer que ces
règles n’ayant pas été respectées dans l’appel d’offre, nous demandons à
ce que soit suspendu cet appel d’offre.

Que l’appel d’offre soit suspendu, c’est-à-dire que le contrat ne soit pas signé entre Eurostar et Siemens ?…

Il
ne peut pas être signé, dès lors que le gouvernement français
considère, alors que c’est  pour nous, une priorité, vous empruntez peut
être quelque fois le tunnel sous La Manche, je pense que tout le monde a
besoin d’avoir toutes les garanties en matière de sécurité. Celles ci
ne sont pas conformes à l’intérieur du cahier des charges."

[…]

La SNCF est d’accord avec vous ?

Mais la SNCF,
qui a 55% actionnaires d’Eurostar et dont le gouvernement français est à
100% actionnaire, n’a pas la possibilité forcément de constater les
choses différemment. D’ailleurs, je m’en suis entretenu très clairement
la semaine dernière, avec le président de la SNCF, monsieur Guillaume
Pepy et qui en convient. "

Un TGV allemand IC3 de la Detusche Bahn, DB, a pris pour la première fois le tunnel sous la Manche, le 13.10.2010 © AFP/Denis CharletBon, soyons honnête, il n’y a pas qu’Estrosi. Sur LCI Dominique Bussereau, le secrétaire d’Etat français aux Transports a sèchement jugé la décision d’Eurostar de faire circuler des trains fabriqués par Siemens dans le tunnel sous la Manche "nulle et non avenue". Il a fait valoir que les trains proposés par Siemens n’étaient pas suffisamment longs et posaient, aux yeux des autorités françaises, des risques en termes de sécurité, notamment en cas d’incendie. "On dit depuis le début aux dirigeants d’Eurotunnel, qui gère le tunnel, et d’Eurostar, qui exploite, (…) que les matériels autres que les matériels Alstom actuels ne peuvent pas passer".

Oui mais voilà, comme le rapporte la BBC, une fois de plus le gouvernement français prend ses désirs pour des réalités:

"Alstom perd son procès contre Eurostar dans le cadre du contrat de trains allemands.

Un tribunal britannique a rejeté la demande d’ALSTOM d’arrêter l’achat par Eurostar de trains Siemens pour 600 millions d’euros.

Eurostar, l’unique opérateur de trains de voyageurs à travers le tunnel, a utilisé jusqu’à présent le matériel roulant d’Alstom.

La commande d’Eurostar de 10 trains Siemens soulevé des questions de protectionnisme entre la France et l’Allemagne.

Alstom avait demandé un réferré [suspension immédiate avant décision de justice sur le fond, NDLR] pour empêcher Eurostar de réaliser la transaction pour les trains de Siemens à grande vitesse.

Mais à la Haute Cour de Londres, le juge a déclaré qu’Alstom aurait très peu de chances d’obtenir l’obtention d’une ordonnance du tribunal annulant la décision d’Eurostar d’octroi du contrat à Siemens.

Il a dit qu’il refusait d’accorder un réferré parce que ce serait une menace pour Eurostar dans l’acquisition de nouveaux trains ainsi que dans son projet de développement, puisque tout procès pourrait entraîner d’importants retards.

[…]

Toutefois, M. Vos [le juge, NDLR] a déclaré que, bien qu’il y avait eu des violations de la procédure d’appel d’offres, celles ci avaient peu de chances d’avoir fait une différence dans la décision d’Eurostar de choisir des trains Siemens."

Il faudrait arrêter de prendre les gens pour des idiots.

Et pourtant même les journalistes animateurs sont parfois de la partie. Dans l’émission Mots Croisés sur France 2, Christian Estrosi, qui tente d’enfumer les téléspectateurs, affirme qu’ils pourront partir plus tôt [avant 62 ans]. "Faux", s’exclame Chérèque. Qui a raison ? Pour Yves Calvi qui anime le débat, Chérèque "ne peut pas dire au ministre qui vient de dire ça "vous mentez" !" Et pourtant… vidéo de ce grand moment à voir sur le site d’Arrêt sur images.

 

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Le trou de Morel censuré?

*Réflexion*La question se pose en effet ! J’ai écouté il y a quelques jours l’excellent billet d’humeur de François Morel sur France Inter (7h55 pour moi mais 8h55 pour ceux de la métropole le vendredi) qui s’inquiétait, à l’image des mineurs chiliens coincés, du gouvernement français au fond d’un trou (de sondage)… Eric Woerth continuant même de creuser plus profond…

Et je me suis dit qu’il fallait absolument partager ce joyaux. Et bien j’ai eu beau chercher dans les archives… impossible de mettre la main sur cette chronique. Toutes les autres sont là, sauf celle ci !

Finalement j’ai réussit à trouver un enregistrement sur un blog de Médiapart, ce qui me permet donc de vous le faire partager ici:

A noter que dans les commentaires de l’article, l’internaute ValS écrit que la raison pourrait être son absence des studio parisiens (donc pas de vidéo). Toutefois cette possibilité est infirmée par une autre vidéo intitulée message pour Nicolas Sarkozy, et où François Morel n’est pas non plus présent mais la chronique est disponible dans l’espace officiel de France Inter sur Daily Motion.

La chronique frappant ci juste, et si caustique, a peut être gêné la direction. Toutefois le job de François Morel parait peu menacé car Philippe Vals est à cours d’humoristes. Après avoir viré Didier Porte et Stéphane Guillon cet été  pour les remplacer à la rentré par Raphaël Mezrahi, Gérald Dahan et Sophia Aram, les temps sont dur : Mezrahi le premier a été débarqué après quelques jours (pas drôle) et Dahan s’est fait viré il y a deux semaines (pas drôle non plus selon la direction).

Mais la méthode Vals était peut être un coup à trois bandes : virer deux comiques, pour les remplacer par deux pas-comiques, puis décréter que c’est la preuve que l’humour n’intéresse pas l’auditeur sérieux du matin de France Inter, et donc supprimer complétement la pastille humoristique pour faire plaisir au gouvernement. Malin mais un peu gros tout de même… (quoi que la finesse n’est apparemment pas une qualité maîtrisée par le clan Sarkozy).

 

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