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Archive for the ‘Coup de gueule’ Category

*Coup de gueule*Dans ma série foutage de gueule les salaires du patronat, je suis tombé sur l’émission Là bas si j’y suis (une rediffusion de 2007) avec Frédéric Lordon et Serge Halimi.

Le premier signale la montée (que dis-je, la croissance exponentielle, vertigineuse…)  de rémunération des patrons français, en partant de l’exemple de Jacques Calvet dont le Canard Enchainé révélait en 1989(au moment de la grève des ouvriers Peugeot) qu’il gagnait 100 000 francs/mois (à la louche donc, 1 200 000 F/an). Un montant qui semblait disproportionné à l’époque, mais qui fit vite figure de cacahouète, d’aumône misérable. En 1995, Christophe Bon, le patron de Carrefour part avec un parachute doré de 20 millions de francs. En 1999, Philippe Jaffré qui a vu son entreprise Elf avalée et désossée par Total, part avec 200 millions de francs. En 2005, 2006, 2007 on reste dans les centaines de millions, mais on passe du franc en euros, soit un bon de 6 fois !

Serge Halimi souligne que c’est le double discours de la concurrence qui justifie ces écarts de rémunérations : Les patrons français expliquent qu’ils ne peuvent pas être moins payés que les patrons américains et au même moment les mêmes patrons expliquent à leurs employés qu’ils ne peuvent pas être plus payés que les ouvriers chinois ou vietnamiens.

Frédéric Lordon ajoute que face à cette redistribution des revenus incroyablement polarisée et le spectacle d’un enrichissement d’un tout petit nombre au regard de la détérioration de l’existence du plus grand nombre, la société capitaliste a de plus en plus de mal à assumer. Elle ne tient plus qu’avec: "TF1, la Police et du Lexomille".

A part ça tout va bien. Ah non, il va falloir faire des efforts, de gros efforts… car ça suffit maintenant d’abuser en s’arrêtant de travailler lorsqu’on est malade, de vouloir partir à la retraite décemment, de profiter du RSA pour s’enrichir sans vouloir bosser !

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Suicide ?

*Coup de gueule*"Le gouvernement grec, à bout de souffle, vient de choisir le suicide politique" écrit Autueil. "La Grèce gagnée par la folie" lance la journaliste du journal de 13h de France Inter.

Mais oui, ce sont des malaaaaaaaaaaades !

Pouce, on peut arrêter de dire des conneries ? Bon je passe sur le fait que la Grèce ne peut pas faire faillite, contrairement à ce que répètent à longueur de temps journalistes et politiques : la faillite c’est quand on saisit vos biens ; or on ne peut pas saisir l’Acropole (ou alors il faut une guerre !). Par contre oui, ils peuvent faire défaut. En fait ils font déjà défaut, c’est à dire qu’ils ne payent plus leur dette.

Tout le reste, ces ronds de jambe autour du vocabulaire : presque faillite, défaut théorique… c’est tout simplement pour parce que s’il y a officiellement défaut, alors les garanties de prêts se mettent en œuvre, les fameux CDS (Credit Default Swap) qui "assurent les prêts".  Et les fonds de pension, les Hedge Funds anglo-saxon qui les possèdent empochent l’argent. Des milliards… bingo les fonds spéculatifs. Donc surtout ne pas prononcer le mot !

Bon par ailleurs, j’aimerais qu’on m’explique comment un membre de l’euro fait de façon pratique pour changer de monnaie et quitter la zone. Merci d’expliquer:

  • 1ere étape,
  • 2e étape… 

Ce soir Europe 1 Soir interrogeait des "experts" sur ce qui se passerait "si" la Grèce sortait de l’euro. 15 minutes… et on n’en sait pas plus. Il faut 2 semaines pour imprimer des billets dit l’un … sans expliquer ce qui se passe entre temps ? Il faudra l’armée dit l’autre… sans dire pour faire quoi ? Les grecs vont retirer leur argent en euro et le garder dans des valises ou le mettre a l’étranger… et donc ça veut dire qu’ils continueront à avoir des euros (enfin, pour les riches!) ? On a déjà deux exemples de pays qui ont décroché une parité : l’Argentine et la Corée… sauf que ces pays ont "simplement" décidé à minuit de ne plus être rattachés au dollar, et n’ont pas eu à changer les billets…

Bref ce n’est jamais arrivé, on ne sait pas faire !

Donc on arrête de nous raconter que la Grèce va/peut sortir de l’euro, etc…. sans dire COMMENT !

Par ailleurs je lis sur le blog de Jean Quatremer "Si référendum il y a en Grèce, il portera sur l’appartenance ou non du pays à l’euro et donc à l’Union européenne, les deux étant liés". On prend les paris ? Son immense expérience du domaine communautaire ne l’empêche pas d’écrire une bêtise. Oui, bien sur en théorie il a raison, c’est dans le traité de Maastricht (l’adoption de l’euro est une finalité pour tous sauf le Royaume Uni et le Danemark qui ont une clause exemptoire). Mais c’est tellement obligatoire que la Suède viole cette clause du traité. De la même façon que la
France qui ne respecte pas le traité sur les règles de déficit viole
le traité…

Bref, les gouvernements sont coupables avec l’euro d’avoir mis la
charrue avant les bœufs. Et au lieu d’acculer les Grecs aujourd’hui, il
serait de bon ton de réfléchir en urgence à une gouvernance Européenne.

Certains avaient dit il y a 18 mois : la question n’est pas de savoir si la Grèce va faire défaut, mais quand (cf Lordon par exemple dès mai 2010). Et on faisait quoi il y a 18 mois lorsqu’il était encore temps de sauver le bébé avec l’eau du bain ? Rien ! Non non la Grèce ne fera jamais défaut, pas possible. Circulez y’a rien à voir. Hop tout va bien on leur donne un peu d’argent et on repart comme en 40 !

Et je ne parle même pas de l’arrogance de Merkel et Sarkozy qui convoquent une conférence de presse pour parler de la Grèce, en laissant le Premier Ministre Grec à la porte de la salle de conférence. VGE, interviewé sur France Info, dit: "Il semble que Papandréou avait prévenu certains dirigeants européens ou
les dirigeants européens qu’il pensait faire un référendum. Il n’avait
simplement pas indiqué la date à laquelle il annoncerait cette mesure.
Donc, ça c’est un problème qui est tout à fait secondaire et qu’il ne
faut pas placer dans le débat
". Bref, la solution de Merozy, c’est d’humilier le peuple grec au lieu de le soutenir.

Oui il doivent faire des efforts, mais tout le monde est coupable dans l’histoire : les Grecs d’avoir trop dépensé, les banques d’avoir fermé les yeux, les autres pays d’avoir tergiversé pendant 18 mois.

Il y a d’ailleurs un très bon interview de Jean Pisani-Ferry sur Le Monde là dessus. Quelques extraits de questions/réponses qui vont dans le sens de ce que j’indiquais plus haut

La Grèce peut-elle sortir de l’euro ?

Rien ne prévoit cette possibilité. Mais tout est toujours possible. […]

Quelles seraient les conséquences d’un rejet par les Grecs de l’euro ?

[…] Avant même une sortie, d’ailleurs, les ménages retireraient leur épargne des banques et celles-ci placeraient toutes leurs liquidités à l’étranger. Ces comportements de précaution ont d’ailleurs déjà commencé, ils vont s’accélérer dans les semaines qui viennent.

Quelles ont été les erreurs des Européens ?

D’abord d’avoir retardé l’allégement de la dette grecque. On aurait dû négocier une décote de cette dette début 2011, ne serait-ce que pour récompenser la Grèce des efforts budgétaires considérables qu’elle a consentis en 2010.

L’accord du 21 juillet 2011 prévoyait quand même une décote de 21 % de la dette grecque détenue par les banques…

Le lobby bancaire avait utilisé un taux d’actualisation (qui permet d’évaluer aujourd’hui la valeur future de la dette) très élevé qui intégrait le risque de défaut de la Grèce. Si l’on refait le calcul avec un taux plus réaliste, la décote est en fait inférieure à 10 %. […]

Qu’aurait-on pu faire ?

Fin 2010, les fonds structurels de l’UE destinés à la Grèce pour la période 2011- 2013 mais pas encore engagés représentaient 7 points de PIB. On aurait pu les réallouer au soutien de la croissance et de la compétitivité. […]

Pourquoi tant de temps ?

Les Européens ont mis trop de temps à admettre la nécessité d’une assistance, à reconnaître que fournir cette assistance à des taux d’intérêt punitifs aggravait le problème plutôt que de le résoudre, et à accepter que la Grèce était insolvable.

Je serais Grec devant un référendum, je ferais comme les Islandais: NON.

Je pourrais pleurer de tant de bêtise des dirigeants européens. Je choisis d’en rire. Quoique.

MIS A JOUR 8/11/2011 : en fait il existe un cas supplémentaire en plus de la Corée et de l’Argentine: l’Ukraine. Un ami m’expliquait hier ce qu’on peut faire pour la Grèce, sur le modèle de l’Ukraine: on imprime en secret des billets. Pendant ce temps on décide qu’a partir de tout de suite, il est impossible de retirer plus de 50 EUR par semaine a la banque. Le reste est bloqué (d’où peut être l’appel à l’armée). Et lorsqu’on est prêt, on convertit les comptes dans la nouvelle monnaie. Voila… et ça reste en vigueur en Ukraine il parait. Mais cet ami ajoute qu’il serait Grec, il retirerait dès maintenant tout son argent…

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*Coup de gueule*Je termine ici ma série sur les émeutes en Angleterre. J’ai déjà parlé de ma vision des pillages et de la gestion ainsi que des possibles causes de ces évènements. Penchons nous ici sur les suites qui ont été données par les autorités britanniques.

Justice ou politique populisme ?

Depuis début aout c’est la chasse aux pilleurs. Fort de leur réseau de caméras de surveillance (le plus grand nombre en Europe) les Anglais diffusent les photos et appellent à la dénonciation (£1000 de prime !) [1]. Je participe personnellement à la chasse, donc n’hésitez pas à dire si vous reconnaissez l’ignoble individu ci dessous:

mouette - scène de pillage

Mais ce qui frappe le plus est l’hétérogénéité des peines infligées pour
les individus arrêtés. On voit ici un homme condamné à 6 mois de prison
pour avoir "volé" [2] un pack de
bouteilles d’eau. A supposer qu’avec les réductions de peine il fasse 3
mois, quel impact ? Il va donc être en univers carcéral, au contact de
chefs de gangs, voleurs multi-récidivistes, gangsters ayant fait usage
d’une arme à feu, violeurs… Qui pense même une seconde que cela lui
sera profitable, lui mettra du plomb dans la cervelle et il va apprendre
à ne plus recommencer ? Peut être ceux qui imaginent la prison en
cellule individuelle, avec télé et matelas confortable? Peut être ceux
ci devraient revoir les témoignages des innocents d’Outreaux incarcérés, et dont l’un s’est d’ailleurs suicidé en prison ? Justice ?

Que penser du jeune de 11 ans, devant le tribunal pour avoir volé une poubelle (oui,
un poubelle… vaut vraiment avoir de drôles d’idées ; idée de
plaidoirie: manque de discernement – absence d’échelle de valeurs
). Le juge le condamne à 18 mois de camps de rééducation, non sans lui avoir dit: "vous avez de la chance d’être trop jeune, votre place est en prison".
Oui vraiment pas de chance, à 3 ans près le juge aurait pu le mettre en
taule pour vole de poubelle ! La prison c’est super cool. L’adolescent
se gardera surement d’être influencé, de rencontrer des
violeurs-pilleurs-chefs-de-gangs-multi-récidivistes. Justice ?

Que penser des 2 jeunes (écervelés) qui font les malins idiots sur Facebook et appellent à piller un quartier de leur ville.
Celle-ci restera aussi calme que d’habitude, mais ceux là se verront
condamner à 4 ans de prison ! Au lieu d’écrire un message de 3 lignes
avec des fôtes d’orthographe sur Internet, ils auraient mieux fait de
braquer un commerce avec un revolver, ou d’attaquer une petite vieille
pour lui piquer ses économies, ou de violer et casser… c’est la même
peine. Par contre dans le tribunal d’à coté, un autre jeune avait fait
la même chose, mais a été condamné à s’excuser devant les commerçants.
Justice ? (certains Anglais trouvent que 4 ans pour un message sur Internet, c’est une peine trop légère !).

Que penser de ce que relate le journal l’Humanité, parlant d’un jeune qui doit passer des examens universitaires dans 2 semaines,
n’ayant jamais eu affaire avec la police, dont aucun pillage n’a été
retrouvé sur lui, pourtant emprisonné en attente de jugement ? Il est
accusé d’"intention de vol". C’est Minority Report avant l’heure (finalement Bush aurait eu raison, ce ne sont pas les faits qui comptent, mais l’intention de Saddam Hussein).

Que dire de la femme, mère de 2 enfants, qui accepte un T-shirt le
lendemain, et qui se révèle provenir d’un pillage, condamnée à 5 mois de
prison pour recèle ? Qui pense que cela va être bénéfique pour les
enfants (si oui, merci d’expliquer en quoi en commentaires)? Que bien sur
ensuite il sera facile pour tout le monde de reprendre une vie droite
et honnête, avec travail et logement, sans soucis ? Justice ?

Il parait évident que la plupart de ces peines seront cassées en
cours d’appel (mais je pense qu’on peut raisonnablement s’inquiéter
qu’elles aient même été énoncées
). D’ailleurs cette dernière peine a été cassée en appel (gageons que c’est la première d’une longue liste), le juge d’appel condamnant cette mère de famille à 75 heures de travail d’intérêt général. Tout en critiquant le verdict précédent, le juge a ajouté: "Je suis sur que la court n’entendra plus parler de vous. Partez maintenant et occupez vous de vos enfants". Une sage décision qui devrait en inspirer plus d’un.

La BBC explique
que d’habitude les juges possèdent des guides et avis sur les
condamnations possibles. Or, ici les politiques ont mis la pression et
les jugements ont été rendus dans la précipitation. La BBC cite deux
cas : dans les deux, l’individu impliqué a plaidé coupable. L’un avait volé 2
T-shirts pour £60, le deuxième £3.50 de bouteilles d’eau. Le premier a
été condamné par un tribunal à 1 jour de prison. Le deuxième à 6 mois.
Comme toujours cela confirme l’adage : si vous escroquez, escroquez gros.
Les traders qui ont reçu des millions avant de mettre l’économie
mondiale à genou n’ont pas été inquiétés.

Autre exemple dans le
même article : un homme ayant volé un TV écran plat (plaidant coupable) a
été condamné à  18 mois de prison. Son crime le plus grave : avoir volé
pendant les émeutes. En toute autre période, sa sanction aurait été une
période de travaux d’intérêt général.[4]

Certains anglais m’ont dit
que le fait que cela se passe pendant des circonstances spéciales (les
émeutes) justifie cette sévérité. Je ne sais toujours pas s’ils ont entendu parler du principe d’égalité devant la peine (si on tue son voisin pendant une
émeute, est-ce plus grave que de le tuer de sang-froid le mois d’avant
?).

Richard Littlejohn, journaliste au Daily Mail, est en complet accord et propose même une solution pour se débarrasser de la "meute des orphelins sauvages qui hante les quartiers déshérités" : "les tuer à coups de gourdin, comme des bébés phoques" (clubbing these looters like baby seals, which is what they deserved). C’est un journaliste qui écrit cela dans un journal qui publie à 1 million d’exemplaires !

Vous êtes riches vous avez une amende, vous êtes pauvre, votre famille est, en plus, virée de chez elle

Le borough de Wandsworth, Conservateur, a été le premier à réagir. Deux jours après les émeutes pillages, ils ont annoncé fièrement avoir envoyé un avis d’expulsion
à la mère de famille vivant dans un Council house (HLM) dont le fils a
été convoqué devant le justice suite aux émeutes. Cette mère de famille a
43 ans et élève seule une fille de 8 ans. Son fils ainé de 18 ans (et
donc majeur, indépendant et responsable de ses actes) loge aussi dans
l’appartement (l’affaire est aussi citée par Le Monde).

Donc nous avons ici un cas simple. Un individu majeur et responsable est accusé (non encore condamné – donc jusqu’ici devant être considéré comme innocent). Sa famille non impliquée dans les évènements est donc sanctionnée ! Normal ! Les pauvres doivent être doublement sanctionnés. Justice ?

Figurez vous que lors d’un diner en ville, j’ai pu voir un ami
déclarer que c’est justice : le Council aurait tout à fait le droit de
virer n’importe quel locataire qui ne lui plait pas, comme le fait un
propriétaire privé. Nous, citoyens, leurs faisons un faveur en
subventionnant avec nos impôts leur logement. Ils n’ont qu’à bien se
tenir, ces chanceux ! Je passe sur le fait que non, un propriétaire
privé ne peut pas virer un locataire parce qu’il a un bouton sur le nez.
En Angleterre le bail est signé pour une période et aucune des parties
ne peut le briser (breaking clause) sous peine de dommages.
Signalons aussi bien sur que si le bailleur ne fait l’objet d’aucune
condamnation, je vois mal comment on pourrait arguer de ce fait pour une
éviction. Par ailleurs, qu’est ce que cet argument de chanceux ? Au
siècle dernier la société s’est rendu compte que sans mixité sociale,
sans services publiques, celle ci éclatait. Et qu’au contraire c’est
avec  des politiques de santé, d’éducation, de logement, que celle ci
progressait. Ce n’est pas une faveur, mais bien les intérêts de chacun
bien compris !

Pour revenir au cas de la mère sous menace d’expulsion (l’affaire sera
décidée au tribunal – parions que toute cette stupide histoire sera
annulée par le tribunal), il est choquant de voir que non seulement les
médias sont avisés par les autorités avant même que la famille ait reçu
l’avis, mais aussi que certains politiques jugent légitimes les
punitions collectives [3].
Justice ?

Bien sur je ne me vois pas piller, ou casser. N’empêche que j’arrive à
me sentir à la place des gens. C’est comme ça. Et toujours penser : cela
peut vous arriver. Oh, peut être pas la même chose exactement,
l’histoire ne se répète pas à l’identique. Tiens, il y a quelques
semaine une amie me fait part de son terrible embarras : elle a pris sa
fille de 3 ans piquant une balle dans le magasin de jouets du quartier.
Retour au magasin pour s’excuser et rendre l’objet. La vendeuse a ri.
Est ce que la mère ne devrait pas aller en prison ? Non, Caro est cool,
c’est pas la même chose. C’est marrant comme certains voient les choses
différemment lorsqu’ils ne connaissent pas les individus concernés.

Avant de conclure, s’il vous plait, prenez 36 minutes de votre temps et regardez ce témoignage. Si vraiment vous ne pouvez pas vous arrêter 30 minutes (vous avez tort), allez directement visionner les 3 dernières minutes (-> 33-36 min) pour voir les conséquences sur un jeune adolescent.

Peut être faudrait-il expliquer à quoi sert la prison ? L’objet
est-il d’enfermer ceux qui seraient dangereux pour la société ou
d’éduquer. Toutes les analyses ont montré depuis longtemps que si le but
est la seconde proposition, la prison est le pire des systèmes.

BREAKING NEWS: un nouveau rapport montre que les jeunes envoyés en prison ont plus de chance de former de nouveau gangs et de se radicaliser en criminalité. Etonnant, non ?

[1] La dénonciation a reçu un
rude coup (peut être pas fatal – la mémoire s’estompe) en France depuis
la seconde guerre mondiale et la période d’occupation. Les Anglais n’ont
pas vécu la même chose et n’ont donc pas la même réaction.

[2] Il voulait peut être payer : le magasin était ouvert défoncé mais il n’y avait personne.

[3] Comme me le rappelle un
Anglais à la retraite (dont l’age, loin de faire perdre la mémoire, lui
permet de se souvenir d’heures sombres de l’histoire) on a déjà connu
cela dans les années 1940-45.

[4] Il y a deux ans, un parlementaire britannique a été reconnu coupable d’avoir abusé des notes de frais pour s’octroyer deux téléviseurs écran plat de £750 chacun (donc détournement à des fins personnelles de l’argent du contribuable) pour sa maison de campagne. Il a été condamné à… rendre l’argent. Justice ? (il est vrai qu’il n’avait pas fait d’émeute pour ça ! )

Je rappelle en quelques chiffres l’exemple donné par les dirigeants politiques Britanniques (ceux qui demandent des peines exemplaires contre les pilleurs) lors du scandale des notes de frais (2009) : 389 députés ont été accusés d’avoir abusé du système (par exemple en demandant des remboursements de prêts immobiliers qui n’existaient plus, ou pour un pied à terre/deuxième appartement à 10 km seulement de leur résidence principale, ou encore pour demander les remboursements de loyers d’un logement déjà vendu = clairement des fraudes) et auxquels on a demandé de rendre l’argent (total £1,1 million). Seuls 7 députés et 4 Lords ont du répondre devant la justice ou ont été suspendus du parlement. Un seul a été condamné à 18 mois de prison et relâché après en avoir effectué 4.

Je vous conseille aussi de ré-écouter l’émission de France Inter consacrée aux emeutes de Londres, ici.

Et oui, j’ai la rage devant la bétise humaine.

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*Coup de gueule*J’ai raconté la semaine dernière la façon dont j’avais observé les "émeutes". Les pillages en fait, car lorsque je regarde les vidéos, qu’ici le journaliste interroge les pilleurs en plein travail, n’hésitant pas à les provoquer ("tu es fier de ce que tu fais ?" ), les nombreux passants qui rentrent chez eux, les observateurs qui prennent photos et vidéos, on a plus l’impression d’être au spectacle que dans une ville en guerre, en feu comme je lirai les jours suivants dans les gros titres des tabloïds et même des journaux dits "sérieux" (vous noterez le gars en T-shirt orange prenant des photos sur l’illustration du journal – c’est bizarre, mais je vois la guerre autrement, et vous ?…).

Des pillages ciblés

Sur Twitter j’ai pu lire "le seul magasin épargné est la librairie ; ça veut tout dire". C’est amusant mais faux. En fait de nombreux magasins n’ont pas été touchés : la librairie en effet, mais aussi les supermarchés Waitrose et Marks&Spencer ainsi que le magasin de fournitures papiers-scolaires-art, l’hypermarché Asda a eu une vitre brisée, la boutique de cuisine de Jamie Oliver fut marquée d’un éclat sur le devanture…etc.

En fait les cibles principales furent (dans un rayon de 300 m):

  1. les magasins de portables et électronique (Orange, T-Mobile, Phone-House, Curry)
  2. les magasins de vêtements (Debenhams, chaussures de sports…etc)

Dans la foulée les vitrines des banques ont été brisées, les caisse de quelques magasins tels que coiffeurs, KFC et Burger King local piquées).

Je reconnais volontiers qu’il m’est difficile de pleurer sur les chaines : les banques, mobile-shop, Starbucks et Pizza-Express, Debenhams avaient leur vitrine remise en état dans les 2 jours. Les employés ont continué a être payé. Les magasins ré-achalandés immédiatement. Elles n’ont pas de problème de trésorerie pour remonter la boutique et continuer le business-as-usual.

Il en est différemment des petits commerces locaux : le magasin de farces et attrapes a brulé et ne rouvrira pas avant 6 mois au plus tôt. Le magasin d’équipement électro-ménager  (quelle idée de piquer une gazinière tout de même !) est toujours vide. L’argent de l’assurance de parviendra pas avant plusieurs semaines, voir plusieurs mois. En attendant le business est fermé et la paye ne rentre plus.

La faillite des forces de l’ordre

Disclaimer: je n’étais pas dans le nord de Londres, je n’étais pas à Peckham, ni Croydon, ni Liverpool ou Manchester où certaines émeutes ont eu lieu. Mais je n’ai entendu personne dire que ce qui s’est passé près de chez moi était différent du reste. Or qu’ai-je vu ? Des émeutes ? Non, des pillages. La fête du "servez-vous", personne ne vous dérangera.

La police ? Les témoignages directs parlent de policiers locaux barricadés dans leurs locaux. La plupart des effectifs auraient été envoyés dans d’autres endroits de Londres (alors que j’apprends hier que dès l’après midi il y avait des sources qui annonçaient de façon répétées que quelque chose allait avoir lieu ici ou pas loin – voir l’audition ici, aller vers 12h41). Une troupe d’une dizaines de policiers avec casques et boucliers est envoyée vers 20-21h, mais la consigne est de ne pas bouger. Il faudra attendre minuit passé (minuit 42 à ma montre) pour voir des forces anti-émeute, alors que tout est finit depuis plus d’1 heure. Un plaisanterie.

Les pompiers ? Je cherche encore à comprendre pourquoi ils interviennent si tard lors du feu ravageant le magasin (voir vidéo ici: on ne voit personne intervenir !). Unique hypothèse : ils ont aussi été appelés ailleurs.

Sans cette impunité, qui peut penser que pendant 5 heures (oui, de 19h à minuit) les rues du centre ville seraient devenues un terrain de jeu. Comment un incendie se serait-il déclenché à 23h si depuis 4 heures il n’y avait pas eu absence totale d’autorité ?

Mais aussi peut-on observer : alors que durant 5 heures c’est "no-limit", on ne sent pas le danger. Un voisin sort promener son chien, les passants prennent des photos, filment avec leurs portables et mettent presque directement en ligne sur Internet, tweetent. Quelques coups ici et là, mais pas de blessés (en comparaison il y a eu échange de coups de feu et deux blessés il y a 10 jours non loin, je ne sais pas encore pourquoi).

Pas de justification mais quelques explications

J’ai déjà rédigé un billet là dessus, le lendemain des évènements. Pour résumer je peux trouver trois explications:

  1. Depuis 3 ans les médias expliquent en gros
    que les riches ont pété les plombs, que pour sauver les
    traders
    qui roulent en Porsche et gagnent en 1 journée le salaire d’1 an
    du citoyen moyen, l’Etat doit mettre la main à la poche (il parait que c’est pour notre bien).
  2. Que maintenant il faut arrêter de dépenser à tord et à travers et donc c’est encore une fois les classes moyennes et pauvres qui doivent passer à la caisse : 500 000 chômeurs en plus (on licencie des
    fonctionnaires) ; suppression ou diminution des allocations ; moins de
    services publiques, on ferme des bibliothèques
    , surtout dans les
    quartiers défavorisés ; on augmente les droits pour les études… 
    (dans le quartier = tentative de fermer la bibliothèque du quartier le plus déshérité du Borough, tentative de faire payer l’entrée de l’air de jeu réservée aux 8-14 ans).
  3. L’été. Il faisait beau, pas d’écoles, des semaines passées à tourner en rond dans son petit logement. Les copains qui font ça. Le sentiment de participer à quelque chose.

Bref le sentiment que de toute façon l’avenir est bouché et qu’il n’y a pas grand chose à perdre.

En 20 ans, l’Angleterre a perdu ses industries. Le phénomène initié par Margareth Thatcher (mais aussi poursuivit par le gouvernement Labour) a transformé le pays en société de services. C’est plus facile, moins de mouvements sociaux. Mais l’autre conséquence est dramatique : de nombreux jeunes sans qualification avaient un avenir tracé il y a 30 ans : on commence à l’usine, avec l’encadrement du groupe, la possibilité de monter dans l’entreprise avec les années. Maintenant ? Rien. Pas de perspective. Quels exemples pour les enfants dont les parents sont au chômage, les familles éclatées dont les membres vivent (survivent – car il n’y a que les démagogues politiques qui n’y connaissent rien qui parlent de familles de 5 enfants avec 4 télés et une belle vie oisive) avec les aides sociales ?

La réponse devrait être politique. Proposer une alternative. Mais je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie…

Suite et fin la semaine prochaine.

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Les émeutes de Londres

*Coup de gueule*Voilà. Pour moi il est 15h20, samedi après-midi. J’ai longtemps repoussé l’écriture du billet. Peut être travaille-je (comme ça se dit ce truc !) mieux sous la pression ? Bref, comme c’est sur ma liste de A FAIRE (bon en fait c’est nommé TODO, je vous laisse deviner pourquoi) il faut bien s’y mettre. En plus il fait gris, y’a rien à la télé (mais de toute façon je n’ai pas de télé ) et je viens de lire les tweets sur Internet, donc ça c’est fait… Alors c’était quand déjà (oui, il parait que tout le monde est passé à autre chose maintenant). Lundi 8 aout. Troisième jour "d’émeutes" sur Londres.

Au cœur des émeutes pillages

Attendez, je me rappelle. Il était environ 21h. Direction le lit. Et puis tiens, un DVD sous le bras, ça devrait le faire. Un des problèmes de la chambre, c’est que – bien que dans une rue calme – le fenêtre donne en face de la rue principale à 100 mètres. Et il y a pas mal de bruit de voix. Je suis curieux (si, si) et donc je jette un œil… et je descends au salon, on verra mieux. Une dizaine de personnes dans la rue, la moitié tournant en rond sur leur VTT, globalement habillés de gilets à capuche. Deux groupe (des spectateurs ?) regardant au coin de la grande rue. On entend des bruits de glace brisée. Mais que se passe-t’il ?

Un petit coup sur l’ordinateur de la pièce voisine, connexion sur le site de BBC News. Reportage en continue sur Croydon (10 km au sud de Londres) où un groupe d’immeubles est en feu. 10 minutes là dessus. 20 minutes. Sur le bandeau du bas de l’écran défile une news sur des émeutes dans mon coin, mais rien de plus. Il faut comprendre, rien ne brule, c’est pas télé-génique ! Ah sur YouTube on trouve des vidéos postées par un reporter de SkyNews sur place. Ouch, ça chauffe (quoique: le journaliste est tranquille au milieux des pilleurs à essayer de les interviewer !).

Retour à la fenêtre. Je me tâte, je vais peut être me rhabiller pour aller voir dehors ? Il est 22h. Tiens un groupe de 3 filles s’arrête devant ma porte, histoire de se répartir (et surtout enlever le packaging) des sacs qu’elles ont piqués. C’est tranquille. Bon enfant. Il me semble que les jeunes viennent dans la rue pour souffler un peu, texter téléphoner plus au calme à leurs amis. Et ne pas oublier de remettre son masque et sa capuche avant d’y retourner. Là une voiture s’arrête, deux gars sortent, ouvrent le coffre, et courent dans un coin récupérer des écrans plats de télé qu’ils avaient stockés. 30 secondes plus tard il sont partis. J’ai envie de rire.

23h. C’est plus calme. Un gros groupe s’est rassemblé devant le grand supermarché, mais finalement laissent tomber. Un voisin promène son chien. Finalement tout au long de la soirée j’ai vu pas mal de passants, de curieux, peut être aussi des pilleurs qui se reposent, va savoir.

Minuit. Ah, pour la première fois je vois des policiers. Une dizaine dans le grande rue en ligne. Hop il avancent au trot. Dans ma rue, un groupe de 3 filles et 2 gars (15-16 ans?), tous avec de gros sacs sur l’épaule, regardent en fumant. Hop la ligne des policiers – qui reculent – ré-apparait. Les jeunes regardent.

Maintenant la rue est très calme. Il y a bizarrement une grosse fumée dans l’artère principale. J’apprendrai le lendemain que la boutique de farce et attrapes a brulé.

00h42: il y a deux camions des forces anti-émeutes dans ma rue. Le quartier est très calme. Je vais dormir.

La suite la semaine prochaine…

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No excuse

*Coup de gueule*"Il n’y a pas d’excuse pour les pillages, la violence…" répète en boucle la ministre de l’intérieur britannique sur les chaines de télé. Pas d’excuses, mais peut être quelques explications.

D’abord une vue de la situation. Après la mort d’un jeune homme (accidentelle ou non, l’enquête de police devrait le dire) au nord de Londres la semaine dernière, la marche organisée s’est transformée en émeute dans le quartier de Tottenham. Le deuxième jour, la violence a débordé sur les quartiers nord d’à coté, et même dans un quartier populaire au sud de la capitale. Puis hier ce fut le tour du sud de Londres avec Croydon, Ealing, Battersea, Clapham… et au bout de ma rue.

Je dois dire que c’est assez impressionnant (voir les vidéos à la fin de ce billet). De 21h à 23h, la police semble complètement absente. Une vingtaine de policiers tentent de bloquer les alentours de la station. Dans ma rue, un peu en retrait, je vois surtout des voitures qui déposent des jeunes encapuchonnés. En fait la plupart des personnes qui circulent sont en capuches. On entend des bruits de glace brisée. Mais on voit aussi des spectateurs (des voisins ?). Le grand magasin Debenhams (une sorte de mini Galleries Lafayette) est pillé … Vers 22h des filles de 15-16 ans se retrouvent dans ma rue pour faire le tri de leurs butin : une dizaine de sacs à main et autres fringues. Les gars s’orientent plutôt sur l’électronique. Une voiture s’arrête, ouvre le coffre et deux gars en capuche filent dans un coin de la rue où ils avaient apparemment caché quelques écrans plats.

La violence semble pour l’instant uniquement orientée sur les biens matériels. Je n’ai pas senti d’animosité envers les passants (sur la première vidéo vous voyez d’ailleurs que le journaliste ne prend aucun précaution pour interpeler les pilleurs, filmer et même les provoquer). Il y a de nombreux observateurs, des résidents. Pas de panique.

La plus grosse déception pour moi : ils ont brulé le magasin de farce et attrapes où je m’approvisionne pour les soirées déguisées 😦 .

Bon sinon, plusieurs choses : la télévision a tendance à dramatiser les évènements, notamment dû à la concurrence entre BBC News et SkyNews. Le journaliste de SkyNews présent dans le quartier (le seul d’ailleurs, la BBC préférant filmer le feu à Croydon) interpelle : "Est ce que vous êtes fiers de ce que vous êtes en train de faire ?". Quelle réponse attend il ? Une fille lui lance : "On est en train de récupérer nos impôts". Immédiatement, les réactions sur Twitter pleuvent : "ridicule, ces gens là ne payent même pas d’impôts" (pas si con en fait, c’est oublier que tout le monde, y compris les plus pauvres, payent la TVA !)

Pas d’excuses, jamais. Mais quelques raisons. En premier lieu le fait que depuis 3 ans les médias expliquent en gros que les riches ont pété les plombs, que pour sauver la finance (oui, les traders qui rouent en Porsche et gagnent en 1 journée le salaire d’1 an du citoyen moyen) l’Etat doit mettre la main à la poche. Et que maintenant que cela va mieux pour les banques, celles ci se sont retournées sur les Etats qui les ont aidées, pour leur demander d’arrêter de dépenser à tord et à travers et de se serrer la ceinture. Qui paye ? Les pauvres : 500 000 chômeurs en plus (on licencie fonctionnaires) ; suppression ou diminution des allocations ; moins de services publiques, on ferme des bibliothèques, surtout dans les quartiers défavorisés ; on augmente les droits pour les études…

Ce matin, la réponse du ministre de l’intérieur: En ce moment des policiers regardent les caméras de surveillance, afin d’identifier les pilleurs, et ça va chauffer !… Oui oui oui : ceux que j’ai vu avaient des masques et des cagoules… elle se fout du monde ?

Lorsqu’en février j’expliquais que c’était là l’idéologie du gouvernement britannique, sur le refrain de "ça passe ou ça casse", je ne croyais pas si bien dire. Depuis quelques mois les signaux économiques virent au rouge : le FMI explique au début aout que la croissance anglaise sera inférieure aux prévisions du gouvernement, au mieux de 1.5%. Cinq jours plus tard la banque d’Angleterre prévoit même un chiffre de seulement 1.3% (en baisse de 0.5 points par rapport à leurs prévisions du printemps).

"Le ralentissement de la croissance au Royaume-Uni pourrait mettre les plans du chancelier de réduction du déficit en péril par une baisse des rendements de l’impôt et une augmentation des allocations de chômage. […] La Banque a récemment averti que la crise de la zone euro pourrait avoir un impact sur le Royaume-Uni, en particulier concernant l’incertitude sur le niveau des prêts octroyés par les les banques anglaises aux pays comme la Grèce. Les inquiétudes sur les Etats-Unis et de l’économie mondiale pourrait également avoir un impact sur le Royaume-Uni."

Bad luck Mr Cameron ! Mais le premier ministre n’est pas à court d’excuses (car bien sur sa politique ne peut pas être en faute):

  • cet hiver les mauvais chiffres de l’économie étaient dus à… la neige (si si, suivez le lien 😀 )!
  • au printemps, c’était la faute de… la pluie.
  • fin avril début mai, la faute … du mariage royal.

Nul doute que maintenant ce sera la faute des émeutiers…

 

 

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*Coup de gueule*La droite libérale des pays anglo-saxons (Républicains aux Etats Unis, Conservateurs au Royaume Uni) rêve du moins d’Etat. Les années 80 ont vu nombre de théories néo-libérales à l’épreuve des faits avec Reagan qui abaissa drastiquement les impôts américains, et bien sur "Maggie" Thatcher en Angleterre.

Chacun se souviendra encore de la privatisation du rail britannique à la fin du siècle précédent et des conséquences dramatiques (en terme de financement, d’infrastructures …et de vies humaines) que cela provoqua. A tel point que les Tory britannique ont tout de même reconnu quelques erreurs il y a quelques années, et ne parlent plus (pour le moment) de la re-privatisation de Network Rail (le réseau ferré ) re-nationalisé en catastrophe par le gouvernement Labour alors qu’il menaçait de déposer le bilan.

La nouvelle étape a peut être été marqué par la privatisation de l’Education. Deux concepts s’affrontent ici: ceux qui pensent que les jeunes étant l’avenir de la société, celle ci doit subvenir aux structures qui permettent à cette masse de se développer et d’enrichir le bien commun. Les autres pensent que chacun sa merde, et que ceux qui veulent faire des études n’ont qu’à payer eux même. L’augmentation des droits universitaires à hauteur de £9000/an, voté l’an passé, participe à cette logique.

Le slogan de la Big Society, mis en avant par le Premier Ministre David Cameron contribue à cela. Les Conservateurs eux même ont du mal à justifier expliquer ce qui se cache derrière cette notion abscons inventée par les communicants du parti. Cyniquement on pourrait dire que cela consiste à trouver des bénévoles (la Big Society) pour effectuer gratuitement les services jusque la gérés par les autorités publiques.

Le gouvernement britannique ayant un programme d’économies ambitieux (il faut trouver 90 milliards de Livres Sterling d’ici 5 ans) tous les moyens sont bons. Bien sur, on coupe les budgets des autorités locales. Celles ci répercutent donc les coupes budgétaires sur les services délivrées à leurs administrés, et notamment en fermant des bibliothèques municipales. La solution proposée par les conservateurs : the Big Society ; si elle veut conserver la prestation, la communauté n’a qu’à trouver des bénévoles pour remplacer les employés de la bibliothèque et permettre ainsi au service de continuer à fonctionner.

Il y a 6 mois, j’ironisais dans une note de blog sur telles idées : "En d’autres termes, comprendre que si vous pouviez vous prêter des livres gratuitement, il n’y a pas besoin d’un service de bibliothèque «coûteux», il n’y a qu’à échanger avec son voisin de pallier ! (Je donne une autre idée: si chacun pouvait faire une rotation pour nettoyer / réparer les rues elles-mêmes, le Conseil pourrait sauver aussi beaucoup d’argent … etc – oui, cela s’appelle des heures de travaux d’intérêt général, peine infligée pour les petits délits)"

Et bien je ne croyais pas si bien dire. Jeudi soir, réunion à la mairie. Un membre du cabinet du maire explique qu’il envisage toutes les possibilités… "y compris que certains résidents se chargent de nettoyer leur rue ; ils pourraient recevoir une réduction de leurs impôts locaux en compensation". Je vous passe sur l’aspect organisationnel : de combien sera la réduction ? en fonction de la longueur de la rue ? du nombre d’habitants de la rue ? Si il y a 60 maisons c’est £5 par mois, s’il y en a 600 c’est £50?Et si c’est 65, mais majoritairement en étages ?

Exit le transport, l’éducation, nettoyage et entretien de la cité… à ce rythme on se retrouvera bien vite en effet avec uniquement les fonctions régaliennes de l’Etat : faire la guerre et rendre justice.

Bien sur, cela veut dire un retour de 300 ans en arrière…

 

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