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Archive for the ‘Propositions’ Category

*Proposition*Écroulement du communisme en 1989, crise du capitalisme en 2007. En tous cas la finance a fait le plongeon avec l’affaire des subprimes. Cette crise a entrainé une violente récession : la contraction du crédit, l’explosion du chômage, l’envolée des déficits et des dettes, et les plans d’austérités.

Les banques sauvées par les contribuables, eux-mêmes plongés dans la crise

Les banques ont pu être sauvées, aux frais du contribuable (mais avait-on un autre choix ? Comme le rappelle l’économiste Frédéric Lordon sur France Inter "la ruine complète du système bancaire c’est le retour au jardin potager
en 5 jours
. Le système bancaire est de fait le conservateur des
encaisses monétaires du public et le conservateur de l’intégrité du système des paiements. Or avec des banques en ruine, impossible de payer
en carte bleue, impossible de payer par chèque, impossible de retirer
du liquide au distributeur. Il reste le liquide que chacun a en poche !
" ).

Petit rappel: en septembre-octobre 2008, c’est la contagion en Europe: un certain nombre de
banques européennes sont au bord de la faillite et sauvées in-extremis
par les Etats (surtout en Grande Bretagne, Belgique, Allemagne…). En
France l’Etat prête aux banques à 8%, se félicitant au passage de
l’opération, sans dire que en même temps, les banques, pour rembourser
l’Etat par anticipation, ont emprunté à la Réserve Fédérale américaine à
0.25% ou même 0,01% et à la BCE à 1%. Une très bonne opération pour elles donc.

Par ailleurs, les Etats
européens ont injecté au capital ~450 milliards
d’euros. Mais comme ceux ci n’ont pas l’argent, ils ont donc émis des
emprunts publics pour le financer, tout en demandant aux banques sauvées de les acheter. On a ainsi récemment appris que la Réserve Fédérale américaine a prêté engagé près de …. 7 mille milliards à des taux proches de 0 (0.01% en décembre 2008 ) [suite au commentaire d’Arnaud, je précise : l’article de Bloomberg était titré: "L’aristocratie de Wall Street a reçu mille deux cent milliards en prêts secrets de la Fed" et les 7.7 mille milliards correspond au total des engagements ; voir ici]; les banques françaises
s’en sont servies pour acheter de la dette des Etats payant des taux de 3%. Gros bénéfice pour ces établissements financiers qui ont distribué de bons bonus à leurs traders … pour avoir eu l’intelligence d’accepter cette manne gratuite !

Les malades retapés se vengent sur les docteurs

Les banques retapées, estimant avoir remboursé les prêts accordés par les Etats, se sont alors tournées vers les pauvres Etats épuisés en disant : hou là là, vous êtes très mal au point, c’est pas bon du tout (la dette britannique est passée de 40% à 80% du PIB en 4 ans).

Ainsi les politiques ont plié sous les désirs du dieu Finance (ou du moins ce qu’ils croient que les marchés souhaitent, car au final on n’en sait trop rien). On se trouve donc actuellement avec des plans d’austérité qui n’ont, selon Frédéric Lordon, strictement aucun chance d’aboutir aux objectifs qu’ils se sont donnés.

Pour qu’un pays comme la Grèce puisse se sortir de sa grave situation d’endettement, il y a uniquement 3 possibilités :

  1. dévaluer (impossible car Euro)
  2. baisser les taux directeurs (impossibles car ils sont déjà très bas)
  3. augmenter ses exportations, et donc que les pays autour fassent de la croissance (on est plutôt tous en récession).

Or la méthode appliquée en Grèce est tellement violente que les recettes fiscales se contractent plus vite qu’on ne réduit les dépenses et donc les dettes continuent d’augmenter (le mois dernier encore on a vu que le déficit budgétaire grec a continué a se creuser en novembre, à 20,5 milliards d’euros, en hausse de 5% par rapport au déficit cumulé des onze premiers mois de 2010, en dépit de la politique de rigueur suivie par le pays surendetté ). Solution? On en remet une couche encore plus dure… on peut prolonger la série, la Grèce ne pourra jamais rembourser.
Il se passera donc ce qui est déjà annoncé: la Grèce fera défaut.

Et pourquoi pas faire défaut?

Argh, le mot horrible. Naaan surtout pas ça ! Jean-Michel Six, le représentant de Standard&Poors en France prévient: regardez ce qui s’est passé en Argentine ; cela veut dire se couper des marchés financiers pendant 10 ou même 15 ans ! Pourtant, l’Argentine est souvent montrée en exemple.

Anne-Sophie Jacques a écrit un article très complet sur @SI. Elle se base sur les écrits d’un économiste et prof à l’Université de Pau pour expliquer que 

"le défaut raisonné est une hypothèse loin d’être idiote, et surtout, chose nouvelle, qu’elle peut se décider unilatéralement par les Etats (une sorte de bras d’honneur fait aux banques) : "A quelles conditions un Etat peut-il se passer de ses créanciers, s’il accepte l’idée de ne pas les rembourser ni leur payer d’intérêts sur les sommes empruntées ? Réponse : dès lors que ses recettes couvrent ses dépenses… hors remboursement de la dette et paiement des intérêts, donc à condition que le solde primaire des finances publiques soit nul ou positif, c’est-à-dire à partir du moment où il n’aurait besoin d’emprunter que pour honorer le service de sa dette.""

Cet économiste publie des tableaux comparatifs montrant que

""La zone Euro est structurellement excédentaire avant service de la dette et a été conjoncturellement déficitaire, globalement elle n’emprunte pas pour financer ses dépenses courantes." Conclusion de l’économiste : "On retiendra donc de ces tableaux qu’en termes de budget primaire l’Europe est beaucoup plus vertueuse que le Japon, la Grande Bretagne et les Etats-Unis. C’est dire que tout le ramdam qui est fait actuellement autour de la dette européenne est largement une mayonnaise montée de toutes pièces par des apprentis sorciers anglo-saxons, pour tenter de canaliser les flux financiers mondiaux vers leur propre endettement… pourtant beaucoup plus problématique : apprentis sorciers au sens où ils déclenchent une foudre qui finira probablement par s’abattre sur eux au vu de leur situation budgétaire authentiquement catastrophique.""

Mais le défaut a surtout une autre conséquence : chez ceux qui possèdent la dette, à savoir les assurances vie, banques et fonds de pension anglo-saxon (les retraites des britanniques… aie ma retraite aussi ! Surprised) et globalement des investisseurs non résidents. Bien que personne ne sache actuellement (n’en déplaise à JM Six, l’agence France Trésor (AFT) ne peut pas identifier précisément les détenteurs de la dette française) qui possède la dette on peut savoir ou partent les intérêts, et donc on estime a 70% la part de la dette française détenue par des non-résidents. Comme par ailleurs on estime que 70% de la dette est détenue par 10% des ménages les plus riches, l’impacte ne serait pas vraiment dramatique pour monsieur tout-le-monde. Et l’Etat pourrait mettre en place un mécanisme de minimum garantit des retraites si besoin.

Où le défaut nous ramène à la crise bancaire

Mais le problème est
que si demain on a un défaut généralisé (ou même un défaut de quelques "gros" Etats européens) cela entrainera immédiatement une seconde crise bancaire (contagion suite à un
défaut grec par exemple). Mais cette fois ci, il ne faudra plus compter
sur les Etats qui croulent déjà sous les dettes. Seule la banque
centrale peut le faire. Et actuellement la banque centrale (sous la
pression allemande notamment) ne le veut pas. Or sans système bancaire,
on retourne au potager (voir plus haut).

Donc il faut qu’une banque
centrale (de l’Union Européenne, ou d’un groupe d’Etats si celle ci ne le veut pas) vienne retaper les banques mais cette fois ci moyennant une
refonte complète et radicale de toutes les structures bancaires et financières.

PS: au sujet du cadeau de Noël de la BCE de 489 milliards d’euros sous forme de prêts à taux d’ami, c’est-à-dire 1% sur 3 ans, cela rappellera les 700 milliards de dollars (environ 500 milliards d’euros) d’aides du plan Paulson de 2008. Mais cela jette aussi une lumière encore plus intéressante sur la révélation de Bloomberg au début du mois: entre 2007 et 2009, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, a mis sur la table… onze fois plus (7 770 milliards de dollars – "7,77 trillion", en anglais), pour sauver les banques de la faillite en leur prêtant de l’argent au taux de… 0.01%. En toute opacité, et sans que le Congres  ne soit mis au courant (il a fallu que Bloomberg, associée à Fox news, poursuive en justice la Fed et Clearing House, une association de lobbying des banques, pour obtenir la publication des comptes détaillés). A lire en détail sur le site d’Arrêt su Images

Comme dit Anne Roumanoff: On ne nous dit pas tout !

PPS: Et si malgré tout vous pensez qu’on va finir pas s’en sortir grâce aux politiques menées, écoutez les commentaires d’Olivier Delamarche

 

Je conseille vivement les émissions de Daniel Mermet sur France Inter, Là bas s’y j’y suis, du lundi au vendredi de 15h à 16h, et notamment celles dont j’ai repris les passages pour l’écriture de ce billet :
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2267
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2326

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La réalité est ailleurs

*Proposition*D’après le quotidien français Les Echos, "la rémunération moyenne des dirigeants des 200 premières entreprises
américaines a bondi de 20 % en 2010, pour atteindre 11,6 millions de
dollars, le salaire médian s’établissant à 9,6 millions (+ 12 %)
".

Le patron le mieux payé des Etats-Unis en 2010 est Philippe Dauman, numéro un de Viacom. Son salaire a fait un bond de 149 % de sa rémunération totale, à 84,5 millions de dollars, devant le patron d’Occidental Petroleum, Ray Irani (76,1 millions de dollars) et celui d’Oracle (70,1 millions de dollars, à 90 % constitué de stock-options).

Le record de hausse est détenu par le patron de Black & Decker, John
Lundgren, dont la rémunération a bondi de 253 % (à 32,6 millions), à la
suite de la fusion avec Stanley, qui doit se traduire par
4.000 suppressions de postes.

Pour prendre une entreprise emblématique, la rémunération du PDG de Ford, Alan Mulally à augmenté de 48% à 26,5 millions de dollars. Il faut ici rappeler que le fondateur Henry Ford, gagnait dans les années 30 environ 40 fois plus que le salaire le plus faible dans son entreprise. Le PDG actuel de Ford gagne donc – 80 ans plus tard (sans fonder quoi que ce soit ni hériter) – environ 2600 fois plus que le salaire minimum (~$10000). Quand à celui cité plus haut, il empoche 8500 fois plus ! Ou pour comparer autrement il gagne chaque mois le même salaire que 8500 employés ou $30000 chaque heure.

Honnêtement j’aimerai que l’on m’explique en quoi cela est normal ? Quelle peut être la justification de ceci ? La hausse de valeur de l’entreprise ? Mais tout le monde y participe, y compris celui qui nettoie les chiottes, sans qui l’entreprise serait moins accueillante, et les conditions du travail influent sur la performance finale de l’entreprise.

D’où l’idée qui fait du chemin à droite comme à gauche d’un salaire maximum (un genre de "au dessus, 100% d’impôt, je prends tout") afin de stopper la croissance des inégalités. Il faut d’ailleurs se rappeler que pendant les 30 glorieuses, la tranche supérieure d’imposition était de plus de 70% aux Etats Unis (le taux supérieur a même atteint 91 % entre 1941 et 1964). Ceci permet aussi de noter au passage que l’impôt sur le revenu n’a jamais empêché la croissance. Celle-ci n’a d’ailleurs jamais été aussi forte que quand l’impôt
était élevé. Mais bien sur l’impôt ne résout pas tout et en prenant une mesure unilatérale, rien n’empêchera le patron de se relocaliser en Belgique, en Suisse ou dans un ailleurs très proche.

Le PS prévoyait déjà une telle mesure de plafonnement en avril 2010, dans sa « Convention nationale sur le nouveau
modèle économique, social et écologique » :
« Nous proposons qu’au sein des entreprises qui ont une
participation publique dans leur capital, les rémunérations soient
comprises dans une échelle de l’ordre de 1 à 20.
»

Eco89 a fait le calcul pour savoir quel est le patron français (un pauvre, seulement 8 millions d’euros/an – salaire+stock options+ avantages+retraites), qui a le plus à craindre une victoire du PS en 2012. Et de toute façon, même si on savait comment procéder a se plafonnement dans les entreprises privées, il faudrait ensuite se demander qui devrait profiter cette petite fortune :

  • les actionnaires (en dividendes),
  • le personnel (avec une hausse des salaires),
  • l’entreprise (avec de nouveaux investissements),
  • les clients (en dispensant le groupe d’augmenter ses tarifs) ? 

En tout cas il semblerait que dans les 4 cas, ce soit tout bénef pour l’économie !

France Inter a consacré son émission Ça vous dérange du 11 juillet 2011 à la question Faut-il plafonner les salaires ? Il y avait notamment comme invité Philippe Villemus qui a écrit Le patron, le footballeur et le smicard : Quelle est la juste valeur du travail ? (avec une manchette : Des rémunérations indécentes).

On peut tirer de la discussion une série d’arguments/contre-arguments qui pourra resservir pour alimenter les discussions lors de diners en ville :

Constat:

En France 90% de la population gagne en moyenne 16000€/an (voir aussi mon billet sur les riches ici). 0.01% de la population gagne plus de 1,2 millions/an.

Depuis 1998, le salaire des moins riches a augmenté de 3%, celui des plus riches de 51%.

Selon une enquête de L’INSEE qui porte sur les rémunérations (salaires mais aussi dividendes, jetons de présence, stock options, retraites chapeau, droit à l’image, chauffeur, logement gratuit): en 3 ans les 200 personnes les mieux rémunérées en France ont vu leur pouvoir d’achat augmenter de 40%, alors que les 1,5 millions les moins bien rémunérés en France l’ont vu augmenter de 9%.

Le coefficient de Gini mesurant les inégalités montre que celles-ci ont tendance à diminuer en France depuis les années 80. MAIS il ne prend en compte que le revenu sous forme de salaire, et pas les avantages complémentaires (dividendes, jetons de présence, stock options, retraites chapeau, droit à l’image, chauffeur, logement gratuit) qui ont explosé. Le salaire devient maintenant une part minoritaire chez les très hauts revenus.

Idées reçues, mensonges et mythes:

– Idée que l’imposition plus forte empêche les hauts revenus de venir s’installer, et qu’ils préfèrent rester là où ils payent moins d’impôt même si les conditions de vie sont moins bonnes.
C’est un mythe inventé par les patrons français eux mêmes et par les chasseurs de tête selon lequel il y aurait un marché mondial des patrons français et que s’ils n’étaient pas si bien rémunérés ils partiraient à l’étranger. Les faits montrent que c’est un gros mensonge. Depuis 1986 et la création du CAC40, aucun patron du CAC40 n’a été débauché à l’extérieur. Dire qu’il y a un marché mondial revient à dire qu’il y aurait une pénurie de patrons dans le monde en qu’en ce moment le PDG de Coca Cola est en train d’essayer de débaucher le patron de Suez ou de BNP par exemple. Or c’est faux, car diriger une entreprise cela veut dire maitriser la langue, avoir des réseaux, connaitre le marché du pays ; or comme les patrons français du CAC40 sont majoritairement d’anciens fonctionnaire issus des corps de l’Etat,  ils ne sont pas chassés. Depuis 40 ans, aucun grand patron français n’a été débauché pour prendre la tête de multinationales à l’étranger. De même il n’y a pas de patrons étrangers dans le DAX de Francfort ni à la bourse de Milan. Il n’y a pas de marché mondial des patrons. Les multinationales ne veulent pas d’énarques ou de polytechniciens qui ont souvent été simplement parachutés par le pouvoir politique français.

– Le marché attire les meilleurs patrons qui vont aussi augmenter de manière marginale la valeur de l’entreprise.
C’est aussi faux. Combien de postes de PDG d’entreprise du CAC40 se libère par an? Maximum 1. On a donc uniquement besoin d’une personne, qu’on peut facilement trouver dans les écoles françaises et même dans les numéro 2 ou 3 de ces mêmes entreprises.

– Les grands patrons créent de la richesse.
CAC40=6990 points en 2000, 4300 aujourd’hui. En 10 ans les patrons du
CAC40 ont détruit 400 milliards d’euros en richesse nationale. Dans le même temps leur rémunération globale a été multipliée par 250%.

– Les entreprises du CAC40 crée des emplois.
C’est faux. Ce sont les TPE, les PME et les entreprises de moins de 100
salariés. Entre 2000 et 2010 le CAC40 a détruit massivement des emplois
dans l’hexagone.

– Ce sont les actionnaires qui décident la rémunération des patrons.
Non,
et c’est là le problème. En France (et c’est encore une fois une
spécificité française), au sein des conseils d’administration, on a créé
des annexes appelés les comités de rémunération qui proposent les
rémunérations totales des dirigeants. Et ceci n’est pas soumis au vote des actionnaire
mais décidé par les conseils d’administration, constitués par les
"meilleurs amis". Il y a un cumul de mandats d’administrateurs (limité à
5 toutefois !) en France qui est unique au monde : le PDG de A est au comité de
l’entreprise B et vice-versa. Le capitalisme français est extrêmement
consanguin.

Quelques propositions

Attention tout d’abord : on parle ici uniquement des grandes entreprises. Si on se focalise
sur les patrons du CAC40, la redistribution de l’ensemble de leur
rémunération sur les français ne serait que de quelques euros.
Paradoxalement les patrons du MEDEF sont assez favorables à ce
plafonnement des ahuts salaires car l’écrasante majorité des 300000 dirigeants
d’entreprises en France ne gagne pas ces sommes (en moyenne un patron
gagne ~55000€/an) pour un volume de travail au moins équivalent.

De même, il n’y a rien à dire contre les patrons créateurs (Bill Gates, Steve
Jobes…etc) qui ont créé leur entreprise, ont pris des risques sur leur
patrimoine, ont créé des emplois, de la richesse, de la valeur. Mais dans les 200 plus grosses entreprises françaises, ce sont majoritairement des héliportés fonctionnaires installés par
le pouvoir politique.

Les grands patrons français ont vu leur rémunération se
déconnecter à la fois de la valeur financière, de l’utilité sociale
(création d’emploi) et de la valeur sociétale de ce qu’ils font. Il faut donc raboter les hautes rémunérations, non seulement pour
redistribuer mais surtout pour redonner le gout du travail, la juste valeur du travail et rémunérer celui-ci sur utilité éthique et non
plus uniquement financière.

Plusieurs moyens d’agir:
– la fiscalité (on peut prévoir des tranches supérieurs d’impôt).
– interdire les parachutes dorés (car c’est une incitation scandaleuse à l’échec).
– interdire les retraites chapeau (pourquoi pérenniser les revenus d’une fonction quand on ne l’exerce plus).
– améliorer la gouvernance des entreprises françaises (les actionnaires pourraient voter et contrôler la rémunération des dirigeants, ce qui n’est pas le cas en France actuellement).
– réintégrer dans la masse imposable tous les avantages des sur-salaires (au dessus, par exemple, de 100 fois le SMIC).
– toutes les fois que les dirigeants sont augmentés, les Capitaux Propres des entreprises pourraient avoir à être augmentés.
– la rémunération des dirigeants pourrait être liée à celle de l’ensemble des salariés (car l’inverse revient a dire au salarié que son travail n’apporte rien a l’entreprise, et que seul le dirigeant compte).

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*Proposition*Voici un verbatim de Frédéric Lordon, extrait de l’émission d’@rrêt sur images du 14 mai 2010:

"A l’automne 2008, il m’avait semblé que pour des raisons strictement conjoncturelles, la nationalisation d’ensemble du secteur du crédit était la chose a faire, pour la raison suivante: le choc que venait de recevoir le système bancaire était si monumental que ses effets étaient immédiatement prévisibles, çà allait se finir dans une contraction du crédit absolument sanglante d’où résulterait une récession. Nous y sommes.

Comment aurions nous pu éviter cette situation là ? Je me souviens à l’époque que les pouvoirs publiques avaient déjà mis des sommes épaisses sur la table pour renflouer le secteur bancaire et commençaient à s’inquiéter dès le début de l’année 2009 qu’ils ne venaient voir aucunes contreparties de la part des banques aidées sous la forme d’un encours de crédit, etc, etc.

Or d’abord le secteur bancaire n’est pas connu pour sa philanthropie et son altruisme, mais même si on lui prêtait les plus hautes vertus du monde dans la matière, ça n’aurait pas fait l’affaire pour une raison extrêmement simple : c’est que chaque banque individuellement confrontée à une conjoncture macro-économique extrêmement défavorable trouvera, et elle a raison, que la bonne chose à faire est de réduire ses encours de crédit ; car on ne lutte pas tout seul contre la vague géante.

Et chaque banque faisant par devers elle ce raisonnement, toutes restaient les deux pieds dans le même sabot. Donc le problème qui s’est posé à l’automne 2008 étaient un problème de coordination du secteur bancaire. On pouvait éviter la récession à partir du moment où toutes les banques de manière coordonnée rouvraient leurs encours de crédit, se mettaient à soutenir la consommation et on passait le mauvais moment. Or la coordination est précisément ce qui est interdit en économie de marche puisque c’est sa définition même : c’est une économie sans coordination centrale. Or là elle était impérativement requise.

Qui pouvait produire cette coordination ? Il n’y a qu’une main invisible qui puisse le faire, qui soit assez puissante, c’était celle de l’Etat. Et il n’y avait pas trente-six moyens pour le faire, c’était la nationalisation. C’est à dire la prise des commandes en direct et rouvrir dans l’ensemble (pas n’importe comment) tous les robinets du crédit.

Le deuxième argument est qu’à l’automne 2008 on est passé  très très prêt de l’accident nucléaire, c’est à dire de la matérialisation du risque systémique avec effondrement d’ensemble du secteur bancaire. Il faut bien voir ce que ça représente : j’ai toujours rencontré des difficultés à plaider la cause du sauvetage des banques parce qu’on a dit "oh là là, vous voulez sauver ces pourris, ces fripouilles, etc". Je dit oui, car c’est notre intérêt bien compris. Si nous ne les sauvons pas, nous mourrons la gueule ouverte dans la semaine qui suit. Je ne manquais pas d’ajouter : il s’agit de les sauver, mais pas sans contrepartie. En effet, les banques sont dépositaires d’un bien publique vital pour la société qui est la sécurité des encaisses monétaires du pays. Si le secteur bancaire s’écroule, toutes vos petites économies partent en fumées. Ce qui veut dire que dans les deux jours qui suivent, vous voulez aller faire vos courses, tirer de l’argent au distributeur de billet, c’est pas possible, ou faire des chèques c’est pas possible. Il y a l’argent que vous aviez dans la poche, point. 

J’ajoute un troisième argument qui est celui qui est développé dans le papier auquel vous faites référence [NDLR: le blog] qui consiste à observer que le secteur bancaire occupe une position très particulière dans la structure sociale du capitalisme qui oblige tous les autres agents à en passer par lui. Le crédit est vital à l’activité économique. Or là, dès que les banques sont atteintes, le contre-coup se fait immédiatement sentir en terme de restriction du crédit. Et d’ailleurs les banques tirent argument de cette position la pour expliquer que si jamais on leur fait le moindre mal, sous la forme d’un surplus de régulation, une taxation de leurs profits, etc, il en résultera une réduction du crédit et que c’est tout le monde qui sera puni. Alors ce discours est scandaleux, mais le pire est qu’il est objectivement bien fondé. En effet la position du secteur bancaire dans le capitalisme les rend dépositaires de fait de ce bien publique qui est la continuité des financements des agents économiques. Je dis qu’il est intolérable de laisser faire une capture privative d’un bien commun.

Donc on renationalise. On paye comment?

Comment on passe d’une économie avec secteur bancaire privé à une économie avec secteur bancaire non-privé ? Je ne sais pas. Je n’ai pas encore eu le temps de penser l’ingénierie de ces grandes transitions. En revanche je peux la penser dans le scenario du cataclysme. Il y a un scenario dans lequel l’exercice d’ajustement budgétaire ultra violent, généralise à l’échelle européenne, se révélera pour ce qu’il est, c’est à dire intenable. Que se passer-t’il à ce moment la ? Il y aura déchaînement d’une crise des dettes souveraines mais avec contagions ajoutée, c’est à dire pas seulement la Grèce mais 6 ou 7 pays européens simultanément.

Alors là ça ne passe plus du tout. On en sera réduit à un point ou la seule solution qui restera ouverte sera : le défaut (il faut bannir le terme de faillite utilisé pour les agents privé. Un État ne fait pas faillite, il arrête de payer. Il n’est jamais mort de faire défaut, au contraire il s’en porte souvent mieux). Donc si on passe la borne du défaut, on rentre dans un monde inconnu. Le défaut souverain aurait la propriété de propager des pertes immenses à travers tout le secteur bancaire dont les bilans sont farcis de titres de la dette publique et qui étaient réputés les plus surs jusqu’à présent et dont on s’apercevra qu’ils vont être massivement dévalorisés. Retour à la case départ, c’est à dire en 2008. Pas sous l’effet de la dégringolade des crédits immobiliers, mais sous l’effet de la dégringolade des dettes souveraines. Alors là on se retrouve en situation d’avoir à sauver le secteur bancaire une 2e fois. 

Alors voila ma modalité de nationalisation du secteur bancaire à ce moment là la saisie (donc 0 euros). Et l’argument est : nous n’avons le choix (en cette situation très précise) qu’entre deux états du monde et deux seulement : le premier on laisse les banques faire faillite et les actionnaires perdent tout et nous mourrons avec. Le deuxième état du monde est : nous saisissons les banques, nous vivons à nouveau, et en effet les actionnaires perdent tout également. Donc les actionnaires perdent tout dans les deux états du monde, simplement il y en a un où on reste vivant et ils sont seuls à mourir. Moi je n’hésite pas un instant."

On notera aussi qu’il parle longuement de la crise et réclame la renationalisation des banques sur son blog hébergé par le Monde Diplomatique.

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Alternative Vote

*Proposition*J’ai déjà expliqué tout le mal qu’on peut penser du système électoral britannique: non représentatif et avec un très faible participation.

J’ai même expliqué il y a quelques années les différentes alternatives et options pour un changement de mode de scrutin.

Aucun parti n’ayant recueillit la majorité absolue aux dernières élections, les Libéraux Démocrates (très défavorisés par le système actuel)  se sont retrouvés en position de force pour négocier leur appuie en échange – notamment – d’un referendum sur le passage à un mode de scrutin avec la méthode AV (Alternative Vote, aussi appelé STV et utilisée en Australie).

Voici une comparaison des deux modes de scrutin:

Le système actuel: First-past-the-post

Le système actuel
d’élection des députés à la Chambre des communes est appelée
first-past-the-post.
Il ya 650
circonscriptions distinctes à travers le Royaume-Uni et chacune élit un
seul membre du Parlement. Pour
voter il suffit tout
simplement de mettre un «X» à côté du nom du candidat que vous soutenez.
Le candidat qui obtient
le plus de votes gagne, peu importe si il ou elle a le soutien de plus
de 50%.
Une fois que les membres
ont été élus individuellement, le parti ayant le plus de sièges au
Parlement, peu importe si elle a ou non une majorité à travers le pays,
devient normalement le prochain gouvernement (mais par tradition, en cas de minorité le Premier Ministre sortant a la priorité pour essayer de former un gouvernement).

Le système qui devrait être sujet à referendum: Le vote préférentiel (AV)

Les limites des
circonscriptions électorales utilisées sont les mêmes et les électeurs
élisent une seule personne pour les représenter au Parlement, comme maintenant.
Toutefois, plutôt que de
marquer un «X» devant leur candidat préféré, chaque électeur doit classer les candidats par ordre de préférence, mettre «1» à côté
de leur favori, un «2» par leur deuxième choix et ainsi de suite.
Si un candidat recueille
la majorité des votes de première place, il ou elle sera élu tout comme
dans le système actuel.
Toutefois, si aucun
candidat n’obtient plus de 50% des voix, le deuxième choix pour le
candidat ayant le moins de suffrages sont redistribuées.
Le processus est répété
jusqu’à ce qu’un candidat obtienne la majorité absolue.
Le vote alternatif n’est
pas réellement un système proportionnel, mais un système majoritaire, qui permet toutefois une meilleurs représentativité des choix des électeurs.

[traduit de l’article electoral-reform]

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*Proposition*La France gronde en ce moment du débat sur la réforme des retraites.

Je devrais me sentir peu concerné, ayant pour le moment cotisé en majorité au Royaume Uni où l’age légal est de 65 ans (66 ans en 2014, 67 ans en 2030 et…70 ans en 2050).

Il y a pourtant beaucoup à dire. Que signifie reculer l’age de la retraite? Cela veut-il dire travailler plus longtemps ? Non, car si on peut partir à la retraite a partir de 60 ans, on subira de doute façon une décote si on n’a pas assez d’années de cotisation. Pour ceux qui ont commencé a travaillé plus tard ou qui se sont arrêtés, il faut souvent atteindre deja 65 ans en France pour avoir une retraite à taux pleins.

La France étant l’un des pays ayant le plus faible taux d’emplois des plus de 55 ans (comme des moins de 25 ans d’ailleurs), reculer l’age de la retraite veut tout d’abord dire deux chose:

  1. Cela revient à diminuer les retraites: à moins que les entreprises françaises changent radicalement de politique de recrutement, le retour a l’emploi des "seniors" étant très très faibles le gouvernement devrait jouer honnêtement et annoncer une paupérisation des retraités futurs !
  2. Cela permet de réduire à court terme le déficit de l’Etat sans vraiment engager les réformes structurelles dont le pays a besoin.

Le point 2 est très bien expliqué par Daniel Cohen dans une tribune publiée dans Le Monde :

"Le seuil des 60 ans
ouvre seulement le droit de liquider sa retraite à taux plein si l’on a
cotisé les annuités requises, et avec décote sinon.

Considérons un salarié qui n’a pas
cotisé suffisamment, mais qui décide quand même de prendre sa
retraite. Où est le mal ? Il part plus tôt mais il gagne moins. La
décote qui lui est appliquée permet, en théorie, de rendre ce choix
indifférent à l’Etat. Ce qui change est le déficit courant, on devrait
dire "en trésorerie", de l’Etat. C’est préoccupant pour un
gouvernement inquiet de l’évolution à court terme de ses finances
publiques". [via @si]

Autrement dit, en repoussant immédiatement l’âge légal, le
gouvernement récupère des cotisations supplémentaires et retarde le
paiement des pensions. Le déficit baisse à court terme et les marchés financiers sont rassurés.

N’oubliez jamais que lorsque le système de la retraite par répartition a été payé, c’était vos cotisations qui payaient vos futures retraites. On est passé aujourd’hui à un système ou vos cotisations payent les retraites actuelles. Pourquoi ne pas expliquer que l’Etat a très mal géré les choses et dépensé sans compter, au lieu d’expliquer que ces fainéants de vieux français ne veulent pas travailler après 60 ans ?

Il en résulte plusieurs points:

  1. Il n’y a aucun sens à fixer un age butoir de retraite.
  2. Il est parfaitement compréhensible (et d’ailleurs nécessaire) de discuter du nombre d’annuités nécessaires avant un départ à taux plein.
  3. La durée de cotisation devrait tenir compte de l’espérance de vie et de la pénibilité du travail. Un ouvrier dont l’espérance de vie est de 25 ans à 60 ans ne devrait pas cotiser le même nombre d’années que le cadre qui bénéficie encore de 35 ans d’espérance de vie au même age.
  4. Avant de s’attaquer aux retraites, il serait bon de mettre en avant des mesures afin de favoriser l’emploi des seniors.

Oublions l’age légal de la retraite: pourquoi ne pas fixer une retraite à la carte, en fonction de ses cotisations ? Si on veut partir à 55 ans avec 30 ans de cotisations, alors on reçoit 30/40 de sa retraite, ou 30/45 si on doit cotiser 45 ans (je simplifie), assortie de mesures favorisant l’emploi de seniors qui choisissent de prolonger leur activité. Tout autre système n’a pour but que de créer de la trésorerie à court terme pour l’Etat et pénaliser ceux des classes ouvrières qui ayant commencé à travailler très tôt cotisent déjà actuellement plus que les autres !

 

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*Proposition*Cela fait longtemps que je pensais en parler, faire un article de fond là dessus, un truc sérieux un peu genre à la Nemo. Mais le temps (et je dois avouer, un grand coup de flemme depuis quelques jours).

Donc je vais un peu céder à la facilité et citer quelques articles pêchés ici et là en guise de réflexion.

Quelques réflexions: Je ne me prononcerai pas sur le bien ou le mal d’une privatisation rampante de la Poste ; je me permettrai toutefois de signaler que l’Histoire ne plaide pas en faveur de la privatisation de grands services publics. Il suffit de voir la catastrophe du train en Grande Bretagne dont malheureusement je vois les conséquences tous les jours. La raison voudrait que l’on ne privatise que des services sur lesquels il peut y avoir une vraie concurrence: pour les trains, il faudrait mettre 2 rails côte à côte pour pouvoir faire rouler 2 trains en concurrence. Pour les autoroutes, il faudrait 2 autoroutes côte à côte pour que l’automobiliste puisse véritablement choisir le meilleur réseau lorsqu’il veut rejoindre A à B. Sans cela, que se passe-t’il lorsque l’entreprise privée disparaît, soit parce qu’elle fait faillite, soit parce qu’elle considère le service comme non rentable ? Et bien l’État, c’est à dire nos impôts, doit s’y substituer. peut être réaliser les investissements nécessaire à la continuité du service et que l’entreprise privée n’aura pas effectué, sur un principe de rentabilité de court terme et de rémunération de ses actionnaires.

Dans le cas d’un service postale privé, que se passerait-il des Postes non rentables. Une entreprise privée fermerait ses succursales sans profit, ou tout au moins réduirait le service: une distribution de courrier tous les 2 jours, 1 fois par semaine…etc. Si cela est jugé inacceptable… et bien l’État devra mettre la main à la poche pour rétablir le service, ce qui équivaut à demander au citoyen de payer à nouveau pour rétablir un service qui périclite, tout en ne bénéficiant plus d’activité plus rentables pour l’équilibrer, qui resteraient, elles, privatisées.  Le fameux: on privatise les profit et nationalise les pertes.

En France le débat fait rage, puisqu’on est en plein dans l’actualité avec l’organisation d’une "consultation" cette semaine sur le projet du gouvernement.

Sur le principe de la consultation, je n’ai pas l’esprit chagrin d’Authueil qui parle d’escroquerie démocratique. Il s’agit ni plus ni moins d’une pétition géante, que ses auteurs on le merite de présenter sous un jour flatteur afin d’y apporter le plus de visibilité possible et de porter leur message. Je dis bravo et salut l’organisation.

Sur les assurances apportées par le ministre Estrosi, que dire… Un grand éclat de rire peut être ? Comment croire sérieusement celui qui il y a encore peu assurait ses électeurs à la mairie de Nice qu’il se consacrerait 100% à celle ci. Comme le rappelle à juste titre Nicolas Demorand, il est à bonne école, puisque c’est Sarkozy qui assurait les Français lorsqu’il était lui même ministre que jamais GDF ne serait privatisé. on connaît la suite. De toute façon la capacité de mensonge des politiciens ne cessera d’étonner. Sur ce même interview d’Estrosi raconte tout simplement n’importe quoi comme le démontre Jean Quatremer.: toutes les directives ont été votées par la France au niveau de l’UE, que ce soit par des gouvernements de gauche ou de droite.

De l’autre côte de la Manche, l’inquiétude est plutôt sur les fermetures de bureaux de poste. On ne compte plus les campagnes "Save our post office". De nombreux bureaux ferment en effet en Angleterre, où la poste est accusée de faire d’énormes pertes. (mais un service public doit-il forcément être rentable ?).

Une amie anglaise m’indiquait récemment qu’elle ne s’étonnait pas des difficultés de la poste et de la baisse du trafic la plupart du temps avancée pour expliquer les pertes, du fait du développement des échanges sur Internet. Mais un article de Rue89 (sur la France, mais qui doit aussi bien s’appliquer sur la situation britannique) remettait les pendules à l’heure:

Le courrier ne se porte pas si mal, d’abord au niveau chiffre d’affaires :

    * 2004. 10,87 milliards d’euros
    * 2005. 11,24 milliards d’euros
    * 2006. 11,31 milliards d’euros
    * 2007. 11,57 milliards d’euros
    * 2008. 11,31 milliards d’euros

En terme de trafic, le recul est régulier depuis 2003 :

    * Entre 2003 et 2007. -1% par an
    * 2008. -3 %
    * 2009. Entre -5 et -6%

Traduit en volume de documents acheminés, cela donne :

    * 2005. 28,6 milliards
    * 2006. 28,4 milliards
    * 2007. 28 milliards
    * 2008. 27 milliards

L’explosion de la vente en ligne dope le trafic des colis

A l’inverse, le développement de l’e-commerce a tout simplement fait exploser l’activité colis, plus rentable que celle du courrier : Le chiffre d’affaires du Colis Express (cela regroupe le Chronopost spécialisé dans la livraison rapide en 24h et le Colisposte livré en 48h) en témoigne :

    * 2004. 3,48 milliards d’euros
    * 2005. 3,68 milliards d’euros
    * 2006. 4,17 milliards d’euros
    * 2007. 4,5 milliards d’euros
    * 2008. 4,7 milliards d’euros

Le web est donc en train de sauver une activité qui est très européenne, car une grosse partie de la vente en ligne vient d’Allemagne ou d’Italie. Geopost, qui regroupe les filiales « express » de La Poste en Europe, est le deuxième opérateur du continent sur ce créneau. Les chiffres du trafic concernant les colis (livraison en 48h) :

    * 2004. 250 millions de colis
    * 2005. 260 millions de colis
    * 2006. 263 millions de colis
    * 2007. 274 millions de colis
    * 2008. 270 millions de colis

Et pourquoi pas mettre en place des service publics Européens ?

MISE A JOUR: 9 septembre 2009:

Sur Politique.net: Comment le gouvernement a évité la possibilité d’un référendum d’initiative populaire pour le statut de La Poste

et une vidéo:

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*Proposition*Je paraphrase un peu une célèbre tirade humoristique de Séguéla. Je vais au Lycée de Londres dans quelques heures, retrouver la communauté française et célébrer (peut être sous la pluie) un peu en avance le 14 juillet. Mais je m’égare, car l’objet de ce billet n’est pas de parler de "Bastille Day" comme disent les anglais (nous verrons ça le jour venu), mais des résultats du bac.

En revenant de Paris il y a quelques jours, je lisais un article du Figaro (je sais, personne n’est parfait !) qui titrait: Près d’un bachelier sur 2 obtient une mention et qui commençait comme cela:

"Cette année encore, environ 47 % des bacheliers généraux auront
décroché une mention. «Ce n’est plus simplement le bac que l’on obtient
dans une pochette-surprise…» […]

La proportion d’élèves qui obtient le bac général avec une mention
très bien est passée de 0,3 % en 1967 à 4,9 % en 2006, les mentions
bien de 4,4 % en 1967 à 13,6 %, les mentions assez bien de 27,1 % à
27,8 %.
"

Au Lycée Français de Londres, voici la répartition (il n’y a aucun échec):

Répartition des mentions au baccalauréat séries generales - Lycée de Londres - 2009: 31% TB, 31% B, 22% AB, 16% passable.

Oui vous lisez bien: 84% de mentions très bien, bien ou assez-bien. On n’est plus à l’objectif the 80% d’une classe d’age avec le bac, on a dépassé le 80% avec mention !

Lorsque j’ai passé le bac (il y a trèèèèès très longtemps) il y a eu dans ma classe (Lycée avec 100% de réussite au bac scientifique) une mention Bien et deux mentions AB. Un ami me disait dernièrement (parlant de sa fille mention TB mais qui a raté sa première année de médecine): le curseur a bougé. A ce niveau, l’oscillation a du péter le quadrant !

En tout cas les Anglais pensent avoir trouvé la solution (j’en parlais ici) : ils ont inventé une nouvelle note, le A* (et il y aura peut être A** ensuite). Les Français pourraient introduire mention Excellent, puis mention Très Excellent ou Excellentissime si cela ne suffit pas ?
(je classe ce billet dans la catégorie : Propositions)

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