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Archive for the ‘Us et coutumes’ Category

S’il est bien un événement « sportif » national qui passionne le britannique (et le monde anglo-saxon – on parle de 600 millions de téléspectateurs), c’est le Grand National. Un sorte de Prix de l’Arc de Triomphe puissance 10. Cette course de chevaux bientôt bicentenaire, avec sauts d’obstacles (16 obstacles dont 14 sont franchis deux fois, soit 30 sauts), se tient  sur un peu plus de 7 km, pendant environ 10 minutes, à Aintree, au nord de l’Angleterre, près de Liverpool.

C’était donc hier. Je vous passe sur le nom du vainqueur (ici) pour parler plutôt du déroulement de la course. Une seule donnée résume la situation : 40 chevaux au départ, 15 à l’arrivée ! Sans compter les quelques-uns que les jockeys décident de retirer volontairement en cours de course, on a donc une vingtaine de chutes… et la conséquence intrinsèque : 2 chevaux dont les blessures sont si graves qu’il faut les abattre (vous pouvez voir la course ici … et compter les chutes).

En 162 éditions de la course, il y a eu 58 chevaux blessés mortellement, quatre d’entre eux lors d’une seule édition, celle de 1954. En moyenne les courses d’obstacles (steeplechase) enregistrent 6 morts pour 1000 chevaux participants (à comparer avec 1 pour 1000 dans les courses classiques de chevaux type PMU). Mais le Grand National bas tous les records avec 10 morts sur les 12 dernières années pour environ 500 chevaux soit 3,5 fois plus. Et les deux morts d’hier s’ajoutent aux deux morts de 2011 sur la célèbre course. Si vous aviez une chance sur 20 de mourir en course de Formule 1, celles ci seraient bannies depuis longtemps !

Et sachant que la manifestation dure 3 jours, on comptera un troisième cheval abattu au cours du week-end cette année, mais aussi 4 chevaux morts en 2011, 4 en 2010 et 5 en 2009. Le total se monte donc maintenant à 36 sur les 12 dernières années, soit 1 par jour de compétition.

Combien faudra-t’il encore de chevaux morts ? Faut-il accepter le discours de certains sur les risques connus du Grand National, qui font douloureusement écho aux défenseurs des corridas pour qui le risque de mort fait partie du spectacle (pour la bête comme pour l’homme) ? Où peut-être faudra-t’il attendre un jockey mortellement écrasé lors d’une chute ? George Ede est encore le seul à avoir perdu la vie suite à ses blessures de la course de 1870… c’était il y a si longtemps qu’on a oublié.

On notera que suite aux deux morts de l’an passé sur le Grand National, des mesures de sécurité ont été prises. Les organisateurs se déclaraient très confiant avant le week-end sur l’efficacité de ces précautions pour éviter de nouvelles fatalités. On connaît malheureusement leurs impactes depuis hier : nul ! Parions qu’ils vont prendre d’autres mesures pour l’an prochain et se déclareront aussi confiant que cette année. Je peux leur donner quelques pistes : moins de participants (40 actuellement, alors qu’on en comptait 26 en 1996 par exemple) car ce sont les bousculades les plus dangereuses et des obstacles moins hauts. Et s’il convient de réduire la vitesse, pourquoi pas des handicapes ?

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J’avais déjà parlé de la manière de s’exprimer des anglais britanniques au parlement. Je lisais dernièrement la question posée par le député de ma circonscription lors d’un débat parlementaire. Je vous la livre en intégralité (traduite) :

Ma circonscription connait de très importantes inégalités en terme de santé, donc j’accueille très favorablement que la lutte contre les inégalités en terme de santé soit au cœur de la loi. Est ce que le Secrétaire d’État partage ma surprise que l’opposition n’y réserve pas un accueil similaire ?

Vous apprécierez cette fantastique intervention argumentée et réfléchie, qui fait avancer le débat, rédigée avec effort par un membre du parlement payé environ £65000/an. Plusieurs infos:

  1. il y a beaucoup de pauvres avec des problèmes de santé dans son coin,
  2. la loi dont le nom est « Santé et Protection sociale » s’attache à traiter des problèmes de santé et du social et
  3. l’opposition n’est pas d’accord avec les modalités de la proposition.

Voilà, c’est tout! Peut-être devrais-je moi aussi m’étonner que l’opposition s’oppose et trouve que la mesure soit inappropriée et n’aille pas assez loin. Je n’ose bien sur imaginer que ce parlementaire, dont c’est le premier mandat, ne fasse preuve de cynisme et que cette question ne soit que pure rhétorique pour meubler la séance.

A comparer avec la question d’un député français, par exemple (au hasard 😉 ) ici (oui, c’est un peu plus long, construit et argumenté).

Le problème, c’est que ce n’est pas une exception: toutes les interventions de mon député sont de la même teneur 😦

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En écoutant un reportage sur Mediapart (et pas que pour faire plaisir à sapq 😉 ) j’entends Edwy Plenel expliquer que dans son entreprise, l’organisation est horizontale. En clair, tout le monde est au même niveau, avec des responsabilités variées. Mais autonome, c’est le résultat qui compte.

« On est totalement horizontal. Il n’y a pas de hiérarchie verticale. Tout est ouvert.« 

Cela m’a rappelé un ancien billet ou je donnais l’exemple de Pierre Chappaz qui parlait de l’entreprise 2.0 (collaborative).

« Grâce à l’Internet je travaille le plus souvent depuis chez moi, depuis l’an 2000. Et aujourd’hui Wikio, qui a des collaborateurs dans divers pays d’Europe […], n’a pas de bureau, chacun travaille depuis chez lui (34 personnes) et collaborent avec Internet. […] Ces personnes se rencontrent tout de même physiquement toutes les semaines ou toutes les deux semaines. Il faut des points de rencontre, des points fixes. On a des bureaux de location à la tour Montparnasse quand on a besoin de se voir. Ce type de personnes, qu’on trouve souvent dans l’Internet, apprécient vraiment de travailler avec une grande latitude de liberté. On ne va pas aller vérifier si à 9h ils sont au boulot, ou à 9h30, ou si on contraire ils ont préféré démarrer à 7h et finir à l’heure qui leur conviendra. […] Le management de grand-papa c’était le management pyramidale. Évidemment on ne fonctionne pas du tout comme ça parce que les outils internet permettent une communication horizontale entre les gens. Ça évite les blocages, ça évite les bouchons.« 

Et j’ai pensé à quelques reportages où je voyais des jeunes étudiants expliquer qu’à l’université ils étaient complétement perdus, qu’il n’y avait aucun contrôle avant l’examen final (comprendre = c’est très mauvais). Quelques intervenants, politiciens ou simplement « experts », expliquant que oui, le problème est visible avec 50% d’échec en 1ere année de fac car les jeunes sont laissés dans la nature. Il faut leur donner plus d’encadrement, les suivre… etc. C’est pour cela que les élèves qui vont dans de grandes écoles réussissent mieux, et patati et patata. Bref le discours qu’on nous sert depuis 20 ans.

Et finalement la lumière fut ! Car au final, il me semble que c’est justement l’université, et non l’école, qui prépare très très bien au monde du travail: autonomie, responsabilité, indépendance. La solution est donc non pas de continuer à chouchouter et protéger nos ouailles dans un système d’enseignement supérieur, mais justement de leur apprendre le plus tôt possible des méthodes comme la gestion du temps, l’autonomie et le travail indépendant. Dans le monde actuel, ce devrait même être une qualification requise !

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